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Dossier Un abattoir public modernisé

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Pour Franck Panafieu (à gauche), président de la régie municipale, et Laurent Chadelat, directeur de l’abattoir, « la constitution d’un pôle viande créerait de la valeur ajoutée sur le territoire ». © Monique Roque-Marmeys

À Neussargues, dans le Cantal, la Communauté de communes a investi 1,9 M€ pour assurer un avenir au service qu’elle propose aux filières viandes locales.

« Lorsqu’en 2014, les services vétérinaires de la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DCSPP) ont demandé une modernisation de l’abattoir, assortie d’un déclassement sanitaire temporaire en catégorie 3, il a fallu trouver des solutions. Il était hors de question d’abandonner cet outil. Celui-ci apporte, depuis 1941, un service réel à toute la filière viande d’un territoire d’élevage, explique Franck Panafieu, président de la régie municipale qui exploite l’abattoir. Cette dernière a opté pour une restructuration du bâtiment existant pour un investissement de 1,9 M€, plutôt qu’une nouvelle construction estimée à 5,5 M€. La qualité du projet et la rapidité du démarrage des travaux ont permis de retrouver en six mois le classement en catégorie 2. « L’objectif de cette restructuration est de rendre l’outil plus fonctionnel pour les treize salariés de l’entreprise. Nous souhaitons aussi adapter nos services aux évolutions de consommation en proposant aux éleveurs de nouvelles solutions de découpe et de transformation », explique Laurent Chadelat, directeur de l’abattoir.

Créer de la valeur ajoutée

Les premiers travaux ont porté sur le réaménagement des bouveries, avec de nouvelles rampes d’accès et des cellules d’isolement, améliorant la sécurité du personnel et des animaux. Les deux chaînes d’abattage des porcs et des bovins ont été redimensionnées et réagencées. Un nouveau réseau de froid et de distribution d’énergie a été mis en place, les frigos ont été réaffectés en fonction des besoins actuels. Le quai de chargement des carcasses a été refait.

« Les travaux ne sont pas terminés, mais nous avons d’ores et déjà réussi à pérenniser cet outil indispensable à la vie économique de la région, se réjouit Franck Panafieu. Courant 2020, nous aurons conçu une nouvelle salle de transformation, équipée pour produire de la viande hachée assaisonnée. Nous allons aussi proposer des ventes de colis de plus petite dimension (de 4 à 5 kg au lieu de 8 à 10 kg habituels). Des préparations cuisinées en conserve sont également une voie à explorer. Une étude, réalisée en 2016 par trois étudiants, a confirmé le potentiel de développement du marché pour une viande de qualité, originaire d’un territoire reconnu par le milieu urbain. Des opportunités de commercialisation existent dans un rayon de quatre heures de trajet de l’abattoir. Nous accompagnerons tout projet collectif, initié par des éleveurs, pour créer de la valeur ajoutée à leurs productions. »

Le tonnage annuel de viande est passé de 1 900 t en 2012 à 2 300 t en 2018 par une progression par client et une augmentation de ces derniers (700 éleveurs, bouchers, salaisonniers…). Le service d’abattage concerne toutes les espèces. Le porc représente deux tiers du tonnage annuel et les bovins comptent pour un quart. Le service de découpe voit son volume d’affaires augmenter également. Il atteint aujourd’hui 250 t de viande par an.

Monique Roque-Marmeys

Une régie autonome

La régie municipale gère l’abattoir de manière autonome. Le conseil d’administration est composé de neuf membres, dont cinq élus municipaux, les élus de la commune et ceux de la communauté de communes du pays de Murat. Son équilibre financier lui permet de rembourser l’emprunt réalisé par la communauté de communes (68 000 €/an sur vingt-deux ans). Hautes Terres Communauté (35 communes) n’a pas hésité à poursuivre l’engagement de l’ancienne communauté de communes du pays de Murat (13 communes), au regard de l’intérêt général du service apporté par cet abattoir municipal de proximité.

Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

Les tarifs se maintiennent

Même si les commandes dans les magasins sont moins nombreuses pour la fin du mois de septembre 2021, les disponibilités restent globalement assez modestes. Ceci permet de maintenir les cours dans le secteur allaitant comme laitier.
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Cet article est paru dans La France Agricole

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