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Dossier Trouver des alternatives au soja

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L’utilisation des tourteaux de colza et de tournesol s’est démocratisée dans l’alimentation des porcs, notamment en postsevrage. © Sébastien Champion

Des procédés technologiques permettent d’accroître la concentration en protéines des tourteaux secondaires français, et d’améliorer leur digestibilité.

«Le tourteau de soja dispose d’un profil en acides aminés presque idéal pour la croissance des animaux et leur développement musculaire », assure Xavier Tellier, responsable de Cobrena Achats, filiale de Triskalia pour l’achat de matières premières destinées aux usines d’aliment. Or, la production française, bien qu’en augmentation, reste marginale. « Elle n’excède pas 70 000 t, alors que la consommation française totale s’élevait à 3,4 Mt en 2017 », rapporte Patricia Le Cadre, directrice du Céréopa. « L’enjeu est de tenter de reconstituer cette protéine idéale à partir de matières premières métropolitaines », estime Xavier Tellier.

C’est précisément l’objectif du programme de recherche Vocalim, porté par l’Institut technique de l’aviculture (Itavi). Les tourteaux de tournesol et de colza enrichis en protéines apparaissent comme les candidats favoris. « Ce ne sont pas tout à fait les mêmes acides aminés, tempère Patricia Le Cadre. Il est important de distinguer les approches quantitatives et qualitatives lorsqu’il s’agit des matières azotées. »

Décorticage et blutage

Dans une étude publiée lors des journées de la recherche avicole, en mars 2019, les chercheurs du projet Vocalim ont mis en évidence l’intérêt de traitements technologiques appliqués aux tourteaux de tournesol et de colza, afin de « mieux valoriser l’énergie, tout comme la protéine et les acides aminés ». Le décorticage des graines de tournesol avant trituration permet d’extraire en partie les coques et de réduire leur teneur en cellulose. Selon l’étude, le blutage du tourteau « HiPro » obtenu permet « non seulement d’augmenter sa teneur en protéines, mais également d’abaisser celle des fibres ». S’agissant du colza, le dépelliculage des graines puis le blutage du tourteau donnent des effets analogues, avec toutefois « une augmentation moins importante du taux de matières azotées totales (MAT) ».

En 2018, les équipes de recherche de l’Inra Centre-Val de Loire ont étudié l’effet de la substitution totale du tourteau de soja dans un aliment à bas taux protéique chez le poulet de chair standard en finition. Entre 21 et 35 jours d’âge, il a été remplacé par de la féverole dépelliculée, ainsi que des tourteaux de colza et de tournesol HiPro français. Le tout, pour une teneur en MAT de l’aliment de 16,5 % (1). « Cette substitution a permis de maintenir la croissance des animaux [...]. Il a toutefois été observé une augmentation de la consommation d’aliment, ainsi qu’une diminution du rendement filet », rapporte l’Inra.

Si la faisabilité d’une alimentation sans soja est ainsi confirmée, cette stratégie « pose la question de la disponibilité en volume des matières premières, et de la rémunération des procédés technologiques ou de la sélection variétale », souligne Patricia Le Cadre.

(1) Certains acides aminés libres utilisés dans la formule ne sont pas encore autorisés en alimentation animale.

Réduire les facteurs antinutritionnels

Certains protéagineux comme la féverole contiennent des facteurs antinutritionnels. « Les lectines et facteurs antitrypsiques (qui empêchent la dégradation des protéines en acides aminés, NDLR) peuvent être supprimés par l’usage de technologies adaptées », expliquent la société Valorex et l’Inra, dans le cadre du projet de recherche Proleval. Une succession de traitements (hydrothermique, enzymatique et thermique sous pression) a été mise au point. D’après les essais conduits, elle permet d’améliorer la digestibilité de la féverole et de limiter l’usage du soja pour les vaches laitières et les volailles, sans pénaliser les performances techniques.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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