1. LE BORE: apport en préventif

Essentiel au bon développement du tournesol, le bore est un oligoélément qui joue notamment un rôle sur le nombre de grains par capitule. Les pertes peuvent atteindre de 5 à 10 q/ha et la teneur en huile baisser de 4 ou 5 points.

Le risque est accentué dans les sols superficiels ou très calcaires. Les fortes températures, la sécheresse ainsi que les sols compactés avec un mauvais enracinement sont autant de facteurs pouvant également contrarier l'assimilation du bore par la plante. «Les rotations courtes augmentent les risques de carence», explique Franck Duroueix, ingénieur du Cetiom en Aquitaine.

Les symptômes se manifestent par la présence de grillures à la base des limbes, notamment sur les petites feuilles situées sous le capitule. «Selon les cas, la casse du capitule peut aussi avoir lieu», précise Franck Duroueix. Cependant, une fois les symptômes apparus, il est trop tard pour intervenir.

Dans les situations à risque, le Cetiom conseille d'apporter quasi systématiquement cet élément au sol ou en foliaire. Pour les terres profondes, une analyse de terre déterminera la nécessité d'un apport (voir l'encadré). Il est possible de mélanger le bore à hauteur de 1,2 kg/ha avec un herbicide et de les incorporer au sol avant le semis.

Mais le plus efficace et le plus rentable (8 euros HT/ha) reste la fertilisation foliaire entre les stades «cinq paires de feuilles» et «apparition du bouton floral» avec 300 à 500 g/ha de bore.

Toutefois, Franck Duroueix constate un désinvestissement pour le bore. «En 2004, 43% des parcelles ont profité d'un apport contre seulement 22% en 2006. Paradoxalement, les terres superficielles sont les moins traitées.»

2. LE MOLYBDÈNE: de 10 à 20 g/ha

La carence en molybdène s'observe essentiellement dans les sols acides. Il est donc conseillé de vérifier l'acidité des parcelles concernées par une analyse de sol avant de réaliser un apport d'amendement calcique ou magnésien et ainsi atteindre un pH supérieur à 6. Les feuilles carencées présentent une couleur vert pale et une forme de cuillère. Le bord des limbes peut être légèrement nécrosé.

Même si les symptômes sont très proches d'un manque de potasse, ils s'observent généralement plus tôt, c'est-à-dire dès l'apparition des premières feuilles. Le Cetiom conseille d'intervenir dès les premiers signes de carence avec une solution à base de molybdène en proportion de 10 à 20 grammes par hectare.

3. LA MAGNÉSIE: dans les sols acides

Le tournesol peut également être sujet à des carences en magnésie, plus rarement observées. Cette culture absorbe 90 kg/ha de magnésie et en exporte peu. Les feuilles se gaufrent et présentent des jaunissements internervaires.

Les symptômes sont, comme pour le molybdène, fréquemment observés dans les sols acides car ce type de sol empêche la bonne assimilation de ces deux éléments nutritifs.

Une analyse de sol permet d'avoir une idée du risque encouru et la correction de la carence en magnésie peut alors se faire avec une fumure adéquate ou par le relèvement du pH.

ALTERNATIVE: diagnostic foliaire

Il est possible d'analyser la teneur en éléments minéraux du tournesol pour connaître l'état nutritionnel des plantes. Le diagnostic se fait en début de floraison sur des feuilles jeunes entièrement développées.

Son coût est de 41 euros hors taxes.

par Céline Fricotté (publié le 9 mars 2007)