Perte de poids, perte de qualité ou encore développement d'insectes et d'acariens sont souvent les signes d'une mauvaise conservation des grains. Certains stockages n'offrent pas toujours le maximum de garantie et l'apparition d'un point chaud est donc toujours à craindre. En l'absence d'une installation fixe de thermométrie avec automatisation de la ventilation, le modèle de sonde portatif que l'on installe après confection du tas et que l'on déplace manuellement est pratiquement indispensable pour déceler suffisamment tôt un point chaud. Capables de fonctionner à des températures comprises au minimum entre -10 et +70°C, la plupart de ces sondes de température peuvent également être employées pour contrôler de la paille ou du foin pressés ainsi que du compost.

Acier Inox ou fibre de verre

La sonde électronique en acier Inox ou en fibre de verre constitue le coeur de gamme des modèles portables. Moins cher que la fibre de verre, le modèle en Inox demande plus de temps pour se mettre à la température du grain, ce qui génère un délai de réponse plus important. Si les sondes en Inox qui mesurent plus de 2 à 2,5 m sont rares, celles en fibre de verre peuvent atteindre 5 à 6 m. Celles-ci sont suffisamment rigides pour être enfoncées dans un tas de grain, mais aussi suffisamment flexibles pour être courbées afin de les transporter dans un véhicule par exemple. L'affichage numérique offre une lecture rapide de la température prise en bout de sonde. La précision de ces appareils est souvent annoncée à +/-1°C, voire +/-0,1°C.

Les modèles de sonde de température les plus pratiques à transporter sur un tas de grain disposent d'un boîtier à affichage digital directement fixé en bout de poignée. Ils profitent d'ailleurs bien souvent d'un second capteur intégré au manche, apportant une mesure simultanée à la surface du tas. Les premiers prix de ces modèles portables en Inox, avec lecteur sur la poignée, avoisinent 150 /HT pour 2 m de sonde.

Sur des modèles de plus haut de gamme, ce boîtier de lecture peut être désolidarisé de sa sonde. Relié alors à la sonde uniquement par le câble, il permet, dans la mesure où le fil est assez long, de consulter régulièrement la température sans être obligé de monter dans la cellule ou sur le tas. Un tel appareillage avec sonde de 2 m en fibre de verre est proposé à 200-300 €/HT. L'emploi d'une sonde en Inox permet d'économiser quelques dizaines d'euros. Plusieurs de ces sondes peuvent également être raccordées à un unique boîtier afin de lire ces mesures à un seul endroit.

Enfin, le thermomètre à alcool, incorporé au bout de la sonde en acier Inox ou chromé, représente l'offre d'entrée de gamme avec un temps de réponse relativement long par rapport aux autres modèles. La lecture de la température sur ce type de sonde est également plus difficile en comparaison d'un modèle électronique avec affichage en bout de canne.

Stop aux points chauds

Lorsque le tas de grain a déjà pu être ventilé, la dernière zone refroidie, et où le risque d'avoir un échauffement est le plus fort, se situe dans la partie supérieure. La sonde portable de température se plante donc à environ 50 cm de profondeur dans le haut du tas. L'ensemble de cette masse de grains peut être considéré comme refroidie une fois que la température de cette zone devient proche, à quelques degrés près, de celle de l'air de ventilation. Des systèmes de ventilation amovibles, qui s'installent après la confection du tas, peuvent suppléer une installation existante dont la capacité est insuffisante. Solutions mobiles, elles sont ainsi amenées à intervenir en urgence au coeur du point chaud. A la manière d'une tarière, la colonne de ventilation dotée de poignées amovibles se visse dans le tas de grains. La forme de son extrémité perforée facilite d'ailleurs la mise en place. La plupart des modèles proposés travaillent sur un rayon de 2 m à une profondeur de 2 à 3 m. Ceux-ci aspirent l'air pour limiter le besoin de puissance et éviter l'injectiondans le tas d'air échauffé en raison de sa légère compression lors de son passage dans le ventilateur.

Les petits modèles avec leur débit d'air de 250 à 300 m3/h sont aisément manipulables par une seule personne du fait d'un poids raisonnable de 10 à 15 kg. Ils peuvent aussi être utilisés pour ventiler une benne durant unenuit, notamment pour le colza. Un tube, dont les perforations sont adaptées à ces graines, est toutefois nécessaire. Mais la gamme des aérateurs mobiles ne s'arrête pas là. Des ventilateurs de plus de 1 kW peuvent être proposés sur ces installations. Avec des débits d'air dépassant les 2.000m3/h, ils sont également plus lourds puisqu'ils dépassent les 30 kg. Ils sont toutefois constitués de plusieurs éléments facilitant leur transport. Il est également envisageable de s'équiper de plusieurs de ces colonnes pour n'avoir à déplacer que le ventilateur sur le tas.

Prélever des échantillons représentatifs

Parmi les diverses sondes de prélèvement, l'équipementmanuel à alvéoles semble être le plus approprié pour une utilisation sur une exploitation. Ne nécessitant d'aucune aspiration, la sonde de prélèvement à alvéoles se compose de deux tubes perforés. La rotation de l'un par rapport à l'autre permet de superposer les alvéoles et ainsi de laisser pénétrer le grain à l'intérieur. Une ouverture progressive des alvéoles de bas en haut permet de réaliser un échantillon représentatif de la colonne de grain. L'échantillon dont le poids peut, selon le modèle, atteindre de 200 à 300 grammes est récupéré en vidangeant la sonde par le haut. Avec un point de 2 à 3 kg pour une longueur de 2 m au maximum, cet outil se déplace facilement sur le tas. Son prix avoisine 200 à 300 €/HT.

Quelques noms de fournisseurs

Sonde de prélèvement à alvéoles, sonde de température et aération amovibles sont souvent disponibles chez votre fournisseur d'humidimètre. Agram, Agread, Chopin, Technologies (Tripette et Renaud), Denis, Fontaine, Silo, Pfeuffer, Secomex, Securama... proposent également certains appareils.

par Olivier Créteur (publié le 24 août 2007)