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Dossier Sucre : le Brésil va profiter de l’accord Mercosur-UE

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L’accord entre l’UE et le Mercosur prévoit un contingent supplémentaire de 650 000 t d’éthanol (en grande partie brésilien) vers l’UE, soit 8,2 Mhl. © Alamy Stock Photo

Le texte du 28 juin 2019 octroie aux Sud-américains des contingents de sucre brut vers l’UE. De quoi accroître la suprématie du pays sur les marchés.

Avec le soja, la canne à sucre est l’autre production phare au Brésil. Elle est très concentrée dans le sud du pays, notamment dans l’État de Sao Paulo. Le pays devrait récolter 615 Mt pour 2019-2020, en léger recul par rapport à 2018-2019, du fait de la réduction des surfaces de canne au profit de l’oléagineux.

En vingt ans, le géant d’Amérique du Sud est devenu le premier producteur mondial de sucre, avec 32 Mt prévues en 2019-2020. Il s’est même lancé, en 2017, dans la culture de canne OGM, résistante aux insectes. Leader également des exportations, le Brésil écoule, à lui seul, plus de 40 % du tonnage de sucre échangé dans le monde. Autant dire que l’attribution aux pays du Mercosur (dont fait partie le Brésil) d’un contingent de 180 000 t/an de sucre brut de canne à droit zéro a fait bondir la filière européenne (1).

Le pays est également le deuxième producteur d’éthanol derrière les États-Unis, avec une production aux alentours de 30 milliards de litres en 2019-2020. Mais il exporte peu, car le biocarburant est consommé sur place. Toutefois, avec l’accord UE-Mercosur et la politique actuelle de Jair Bolsonaro, « on s’attend à ce que les Brésiliens deviennent exportateurs d’éthanol », juge Thierry Gokelaere, directeur de l’AIBS (interprofession du sucre).

Arbitrage avec l’éthanol

« Cela rend le marché européen plus attractif pour l’éthanol brésilien », renchérit Nicolas Rialland, de la CGB (2). Cet état a fortement subventionné la construction d’usines de bioéthanol et possède la souplesse de produire plus ou moins de biocarburant, tout en étant très compétitif. Il arbitre avec le sucre en fonction du niveau des cours. En 2018-2019, il a ainsi fortement augmenté la fabrication du biocarburant en raison d’un scénario plus favorable pour l’éthanol sur le marché intérieur. Au détriment du sucre, dont les cours mondiaux ont sombré.

Selon la Conab (3), un autre facteur important est la plus grande rapidité de vente de l’éthanol par rapport au sucre. Ce dernier est commercialisé via des contrats futurs, alors que le biocarburant permet à l’unité de production d’augmenter son flux de trésorerie plus rapidement puisque sa commercialisation est presque instantanée. »

(1) Lire La France agricole du 5 juillet 2019, p. 13.

(2) Confédération générale des planteurs de betteraves.

(3) Compagnie nationale d’approvisionnement.

Programme Renovabio

Le Brésil a officialisé en décembre 2017 son programme RenovaBio de décarbonation des transports. Objectif : réduire de 43 % les émissions de gaz à effet de serre des transports à l’horizon 2030. Le programme prévoit un investissement massif dans la filière biocarburants, évalué à 430 milliards de dollars. Les investissements porteront sur les plantations de canne à sucre, la recherche variétale et les outils industriels. Le Brésil entend ainsi produire plus de 45 milliards de litres d’éthanol d’ici à 2030.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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