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Dossier « Les herefords sont économes et faciles à conduire »

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Parcellaire. Il est morcelé, avec 30 ha autour du siège d’exploitation et 77 ha répartis sur deux autres communes, à 12 km. Dans ces conditions, la facilité de conduite des herefords s’avère un précieux atout pour Stéphane. © V. Scarlakens

Stéphane Damien élève 15 herefords et 55 charolaises à Chambœuf, dans la Loire.

Depuis leur arrivée au Gaec ferme du Bécot, en 2008, les herefords n’ont jamais nécessité une visite vétérinaire (hors prophylaxie) ou une intervention humaine lors des vêlages. « À la naissance, les femelles pèsent autour de 30 kg et les mâles entre 30 et 35 kg, explique Stéphane Damien. À l’inverse, les veaux charolais de 50 kg ou plus m’obligent à une surveillance permanente des mises bas. » Les veaux herefords sont « très vifs et se développent bien car leurs mères sont très laitières et maternelles ».

Ces dernières restent en bâtiment de janvier à mars « mais, si les sols étaient suffisamment porteurs, elles vivraient dehors toute l’année », précise Stéphane. En période hivernale, elles reçoivent à volonté de la paille d’orge, ainsi que du foin de prairie ou de l’enrubannage, en alternance. « En guise de finition, je me contente de les mettre sur les meilleures prairies. » Les trois dernières réformes pesaient 440 kg de carcasse, classées R5. « Les carcasses ne sont pas émoussées car mon acheteur recherche du gras de couverture pour permettre une bonne maturation de la viande », détaille Stéphane.

Plein air intégral

Les veaux herefords naissent en mars et en avril. Les femelles sont vendues en tant que reproductrices ou gardées pour assurer le renouvellement. Les mâles sont abattus entre 20 et 22 mois. « Je ne les castre pas car certains se révèlent de potentiels taureaux de reproduction. » Ils sont exclusivement conduits en plein air, avec un abri fermé au nord. Durant les cinq mois hivernaux, ils reçoivent en moyenne 6 kg de maïs épi et 1,5 kg d’orge par jour, ainsi que du foin de luzerne. Les carcasses de ces taurillons pèsent environ 320 kg et sont classées R+ 3.

Stéphane élève également des génisses et mâles croisés issus des génisses charolaises saillies par un taureau hereford. « Le croisement permet d’obtenir une viande suffisamment mature en une vingtaine de mois. C’est aussi l’assurance de vêlages plus faciles pour les primipares. » L’hiver, les croisés reçoivent une ration à base de foin et d’enrubannage à volonté, complétée par 1,5 kg de seigle aplati. Les carcasses des mâles atteignent 350-360 kg et sont classées R2. Les génisses sont classées R3, pour 300 kg de carcasse.

Trouver un marché valorisant pour tous les animaux

Stéphane ne rencontre aucune difficulté à valoriser ses jeunes herefords et croisés en vente directe. « La race hereford est un moyen de se distinguer, explique-t-il. Les génisses croisées étant plus grasses, je les abats de préférence en été, pour valoriser le gras au travers de fabrications de type merguez. En revanche, un hereford sur le marché du broutard ne vaut rien. » Les génisses reproductrices « se vendent très facilement », bien que Stéphane ne les inscrive pas au herd-book.

La valorisation des vaches de réforme herefords est plus complexe. « Jusqu’à peu, je n’agrandissais pas mon troupeau hereford car je ne trouvais pas de débouché pour les vaches. Je construis actuellement un partenariat avec GustoViandes, une entreprise qui fait maturer et commercialise des viandes haut de gamme. » Stéphane envisage de convertir son exploitation en bio et d’augmenter son troupeau, pour atteindre 40 mères herefords.

Croisé. Veau de mère charolaise et de père hereford. © V. Scarlakens
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Cet article est paru dans La France Agricole

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