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Dossier Soja : en irrigué, un horizon dégagé

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 - Soja : en irrigué, un horizon dégagé

Des prix rémunérateurs et un marché qui ne sature pas : le soja bio, et particulièrement celui qui est irrigué, devrait encore avoir de beaux jours devant lui.

Dans le Sud-Ouest, « le soja bio est une culture très rentable », assure Jean Arino, conseiller spécialisé à la chambre d’agriculture du Gers. « Cette culture motive de plus en plus de producteurs à se tourner vers l’agriculture biologique. » Payé au producteur environ 660 €/t, soit deux fois plus qu’en conventionnel, le soja bio a des rendements relativement équivalents en irrigué. « Depuis 2006 dans le Gers, la marge brute n’est pas descendue en dessous de 1 200 €/ha hors aides Pac, contre en moyenne 800 €/ha en conventionnel », ajoute le conseiller.

Pour la culture en sec, les résultats sont plus variables car les rendements peuvent aller du simple au double. Il en est de même dans des régions au climat moins favorable, la culture ayant besoin d’une somme de températures importante. Les surfaces adaptées à la culture du soja bio n’étant pas extensibles, « le marché aura du mal à saturer », estime-t-il (lire l’encadré).

Les charges liées au désherbage peuvent être conséquentes. « On estime que le binage nécessite 8 à 10 h/ha, soit deux fois plus qu’en conventionnel. À cela s’ajoute le désherbage manuel, pouvant aller de 2 à 3 h/ha en sec, jusqu’à 6 h/ha en irrigué ».

H.P.

Demandes actives

Le nouveau règlement bio, entré en vigueur en janvier 2021, est porteur pour le débouché animal. Il signe l’arrêt de la dérogation permettant aux fabricants d’aliments pour monogastriques d’incorporer dans les rations des protéines conventionnelles à hauteur de 5 %. « Le soja bio répond bien aux nouvelles exigences de formulation », souligne Christophe Pollet, responsable mise en marché chez Agribio Union. Concernant les débouchés en alimentation humaine, il note « une forte demande pour une relocalisation de l’origine du soja depuis environ un an et demi ». Le soja bio d’origine étrangère (Chine, Inde, Togo…), pourtant moins cher, plaît de moins en moins aux consommateurs. Par ailleurs, il souligne une question de sécurisation des approvisionnements à la suite des problèmes logistiques rencontrés lors de la première vague de Covid-19.

Témoignage
« Raisonner en fonction des volumes d’eau disponibles » Michel Bourrousse, agriculteur à Saint-Puy (Gers)

« Je raisonne la rentabilité du soja en fonction de la culture qui peut s’y substituer, à savoir le tournesol. L’année dernière, j’ai fait la même marge avec 200 mm sur un soja et 60 mm sur un tournesol. Et même si toutes mes parcelles sont irrigables, je suis limité en volume. Ainsi, cette année, j’ai préféré me tourner exclusivement vers le tournesol, même s’il n’est pas exclu que je cultive de nouveau du soja à l’avenir. Je cherche aussi à maintenir ma sole en blé, culture qu’il n’est pas possible de réussir en bio après une récolte en conditions très humides, notamment après un soja ayant reçu 200 mm.

Par ailleurs, le soja bio est sensible aux dégâts de pyrales et d’héliothis. C’est davantage le cas en sec, mais la surface importante de soja dans la région favorise leur présence. D’autre part, en recherchant la productivité, on sème des variétés trop tardives : on prend le risque de récolter en conditions humides, et donc de compacter le sol en cas d’automne pluvieux. En revanche, le désherbage du soja est plus simple que pour le tournesol. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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