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Dossier Semer pour produire du méthane

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La production de méthane d’un couvert est principalement liée à sa capacité à fournir de la biomasse. À ce titre, le seigle est un bon candidat. © WATIER-VISUEL

Le choix des espèces d’une Cive (culture intermédiaire à vocation énergétique) est le principal levier pour maximiser le rendement méthanogène du couvert.

La production de méthane par un couvert dépend de deux facteurs : le rendement en tonne de matière sèche par hectare et le potentiel méthanogène des espèces qui le composent. « Le choix d’une espèce pour la production de méthane se fera davantage pour sa productivité en biomasse et ses caractéristiques agronomiques plutôt que pour son potentiel méthanogène », assure Arthur Quennesson, ingénieur d’étude chez Agro-Transfert.

L’association a suivi, dans le cadre d’un projet (1) multipartenarial, plusieurs essais de Cive longues dans le nord de la France. Implantés à l’automne et récoltés avant maturité au printemps, ces couverts concernent principalement des céréales immatures, seules ou en mélange avec des légumineuses.

« Le potentiel méthanogène des espèces est variable, en fonction de la composition biochimique de la plante et de leur stade. Mais il varie très peu selon les espèces pour un même stade. Ainsi, le choix de l’espèce semble peu influencer le potentiel méthanogène », explique Arthur Quennesson. En revanche, c’est un levier majeur pour maximiser la biomasse produite, et donc la quantité de méthane qui peut en être issue. « Pour des sites expérimentaux différents, avec des conditions climatiques variées, le même gradient de productivité des espèces a été retrouvé », explique-t-il. Dans l’ordre, les espèces testées les plus productives ont été : le seigle, le triticale, les mélanges céréales et légumineuses, et enfin le blé.

« Le seigle est une plante assez précoce, qui a des besoins moindres en température et rayonnement que d’autres espèces pour produire de la biomasse », souligne­ l’ingénieur. Il présente également des avantages agronomiques intéressants, avec une bonne rapidité d’implantation et une couverture du sol qui se fait vite, ainsi qu’une bonne reprise de végétation en sortie d’hiver. De plus, sa rusticité lui procure une bonne résistance aux maladies.

« Il faut en revanche faire attention à la variété, car certaines d’entre elles peuvent monter très haut, donc potentiellement être sensibles à la verse », souligne-t-il. Le triticale est moins susceptible d’être concerné par cette problématique et peut également produire des biomasses très proches de celle du seigle.

Couverts purs en été

Pour les Cive courtes, semées en été et récoltées à l’automne, ce sont des espèces à cycle court qui sont privilégiées. Arvalis cite notamment le sorgho, le maïs, le tournesol, ou encore le moha pour les calendriers encore plus serrés. La production de biomasse est, par ailleurs, également impactée par le choix des variétés. Pour ces intercultures d’été, « il n’y a, a priori, pas d’intérêt à mélanger des espèces entre elles », note Arvalis.

(1) Réseau de sites démonstrateurs IAR.

Légumineuses : association de longue durée

« Pour des récoltes tardives, fin mai début juin, les associations céréales et légumineuses peuvent être intéressantes, notamment d’un point de vue azote et structuration du sol », souligne Arthur Quennesson. Il explique, en effet, que les légumineuses mettent plus de temps à exprimer leur potentiel. Le rendement en matière sèche des céréales n’est pas pénalisé par le mélange. Agro-Transfert a testé les mélanges suivants : seigle + pois + vesce (20 % de légumineuses au semis) et seigle + vesce (16 %).

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Cet article est paru dans La France Agricole

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