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Dossier Se réapproprier la commercialisation

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Marques. À l’instar de Cant’Avey’Lot, réunissant des éleveurs laitiers de la vallée du Lot, les créations de marques de producteurs se multiplient. © Cant’Avey’lot

Pour retrouver la valeur ajoutée perdue dans un marché tendu, les éleveurs rebattent les cartes des relations commerciales avec les distributeurs.

Devant leur trésorerie mise à mal, les éleveurs ont pris le taureau par les cornes afin de défendre un prix cohérent face aux coûts de production. Prises en étau entre les barquettes de réformes laitières et les viandes haut de gamme, certaines catégories de races allaitantes ont perdu autant en valeur qu’en lisibilité pour le consommateur.

Pour y remédier, la Fédération nationale bovine propose une revalorisation par la segmentation. Ainsi apparaît la notion de « cœur de gamme », que le syndicat défend face à la distribution. Chacun est libre de ses engagements à travers un cahier des charges négocié avec l’enseigne. Certaines jouent le jeu, rémunérant le « cœur de gamme » quelques centimes, voire 1 €/kg de plus que la cotation FranceAgriMer. D’autres ont signé mais la concrétisation tarde.

En lait, la médiatisation de la crise a sensibilisé une partie des consommateurs, prêts à payer davantage à condition que les éleveurs en bénéficient. C’est la promesse de la marque du consommateur « C’est qui le patron ? ! », qui reverse 39 centimes aux producteurs. Les 51 éleveurs ont signé un contrat tripartite avec la laiterie LSDH et Carrefour.

D’autres ont préféré prendre eux-mêmes en main la transformation, comme les 14 éleveurs à l’initiative de la marque « En direct des éleveurs ». Les 30 fermes de Cant’Avey’Lot mettent en avant l’origine locale. La segmentation par la qualité gagne aussi du terrain, avec le lait sans OGM ou de montagne.

Ces actions collectives, visant à ramener de la valeur ajoutée dans les fermes, se multiplient. Elles restent cependant anecdotiques en termes de volumes. En viande comme en lait, un débouché échappe aux producteurs : la restauration hors foyer s’approvisionne largement hors de nos frontières. Les éleveurs doivent mettre à profit l’appétit des consommateurs pour le « made in France » pour le conquérir. L’obligation prochaine d’étiqueter l’origine des produits devrait les y aider.

M.B. et H.C.
Étiquetage

Viandes  : à partir du 1er janvier 2017, l’étiquetage de l’origine dans les préparations sera obligatoire à partir d’un taux d’incorporation de 8 %. La mention « Origine France » ne pourra être utilisée que si 100 % des viandes le sont.

Lai : le taux d’incorporation est à 50 %. Il concerne le lait liquide, le beurre, la crème, les yaourts et les fromages.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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