Bynocchio de Mergerac, de la compagnie Bouffou-Théâtre à la coque, était à l'affiche de la salle des fêtes de Dhuisy, une petite commune rurale de la Seine-et-Marne, en novembre dernier.

Un spectacle de marionnettes présenté par des professionnels et rendu possible grâce aux «Scènes rurales» lancées par le conseil général en 1994.

L'objectif était d'animer le territoire en amenant des spectacles dans les villages. Une scène rurale est constituée en général par quatre communes d'un même canton qui peuvent accueillir chacune un spectacle par an.

Le coût financier est pris en charge à 92% par le conseil général. Il propose chaque année aux communes, via son association culturelle Act'Art, un catalogue d'une trentaine de spectacles variés: théâtre, musique, danse.

«Les artistes viennent assez facilement dans les villages et sont ravis de l'accueil, notamment de l'après-spectacle, où ils peuvent échanger avec le public autour d'un buffet», souligne Rémi Sabran, d'Act'Art.

Pour les accueillir dans les meilleures conditions possible, Act'Art transforme les salles des fêtes en lieux de spectacle ou peut même aménager des endroits insolites comme un bus, une yourte (tente mongole) si la commune ne dispose pas de salle.

Année après année, les scènes rurales se sont développées dans le département: la saison 2008-2009 en compte treize, regroupant cinquante-deux communes qui accueillent vingt et un spectacles différents et soixante représentations.

Le public est surtout constitué de scolaires et des plus de 45 ans. «Nous allons réfléchir pour voir quels types de spectacles proposer pour attirer les 25-40 ans.»

A Dhuisy, cela fait huit ans que la commune fait partie de la scène rurale du Pays de l'Ourcq. «C'est le seul spectacle de l'année et en plus réalisé par une troupe professionnelle», commente Michèle Gloaguen, son maire.

«Pour attirer un maximum de spectateurs, nous complétons la communication du conseil général avec une information dans le bulletin municipal et des panneaux d'affichage», précise Marie-Pierre Richard, adjointe au maire en charge de la culture.

«Quand le spectacle s'adresse aux enfants comme cette année, nous communiquons également dans les écoles.»

L'équipe municipale reconnaît que ce n'est pas toujours facile de motiver ses administrés. «Le mot théâtre fait souvent peur. Il faut que nous proposions des spectacles avec des titres attractifs. Cette année, nous avons choisi Bynocchio de Mergerac. Ce spectacle de marionnettes s'adressait à la fois aux enfants et à leurs parents.»

L'an dernier, la salle avait été complètement transformée en igloo pour un spectacle autour de la nuit polaire. Dhuisy met sa salle à disposition et offre un apéritif après le spectacle pour que les spectateurs puissent rencontrer les artistes.

Chaque saison, cet événement rassemble entre cinquante et quatre-vingts spectateurs. «Au regard des 252 habitants de Dhuisy et de la petite taille de la salle, c'est satisfaisant», commente Marie-Pierre Richard, très motivée pour poursuivre cette action les prochaines années.

«Certains ne viennent jamais. Mais, pour d'autres, c'est une joie d'y assister chaque année et la convivialité de l'après-spectacle est très appréciée.» Et madame le maire de conclure: «Faire partie d'une scène rurale permet aussi d'être original par rapport aux manifestations proposées habituellement en milieu rural et met notre commune en valeur.»

«Artistes et spectateurs échangent après le spectacle»

Les comédiens Raoul Poucelle et Stéphane Rouxel, accompagnés de Michèle Gloaguen, maire de Dhuisy (au centre), et de Marie-Pierre Richard, adjointe (à droite).

par Chantal Urvoy (publié le 13 mars 2009)