Migrateur emblématique des plaines céréalières du centre-ouest de la France, l’outarde canepetière voit sa population reculer sans discontinuer depuis plusieurs décennies. Dans le nord de l’Indre, sur le plateau de Chabris, malgré les actions menées depuis plus de vingt ans, la population a régressé de près de 90 %. « En 2018, nous n’avons recensé que quatre mâles chanteurs », se désole Thomas Chatton, ornithologue à Indre nature et co-animateur de l’action menée en faveur de cette espèce au sein du département.

Action insuffisante

Sur la zone considérée, qui couvre quelque 1 000 ha, une cinquantaine d’agriculteurs ont signé une MAEC à vocation de préservation de l’outarde. « En lien avec le comité technique local, les signataires s’engagent à créer une jachère qui permet à ce volatile de nicher en toute tranquillité, explique Thomas Chatton. Composée d’un mélange de graminées et de légumineuses, elle se tient à l’écart des voies de grande circulation et des habitations. » Selon le type de couvert retenu, les périodes de fauche peuvent varier. Pour la majorité des surfaces, toute opération d’entretien est interdite entre le 15 mai et le 15 août.

« Seule, cette action ne permettra sans doute pas de sauver l’espèce dans le département, redoute l’ornithologue. Elle devrait être complétée par une modification durable des pratiques. Il faut aller vers une réduction de la surface des îlots reliés entre eux par un maillage de bandes enherbées, créer une mosaïque de milieux avec des assolements plus diversifiés. Surtout, il faut bannir le plus possible l’emploi des insecticides. Les oisillons d’outarde, mais également ceux des autres oiseaux (perdrix, alouettes), se nourrissent d’insectes qu’ils ne trouvent plus dans nos plaines. »