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Dossier Les vaccins au secours des antibiotiques

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© Cédric FAIMALI

Par Elsa Casalegno

Les acteurs de la santé animale le diront tous : la vaccination est amenée à rester sur le devant de la scène, et pour longtemps. « Elle présente un intérêt préventif incontestable car elle diminue la morbidité (le taux de malades) et la mortalité, souligne Jacqueline Bastien-Ceret, vétérinaire et membre de la commission médicaments de la Société nationale des groupements techniques vétérinaires (SNGTV). Moins d’animaux malades, c’est moins de consommation d’antibiotiques. » L’objectif du plan EcoAntibio 2017 était de réduire de 25 % l’utilisation des molécules critiques en élevage entre 2012 et 2017. Il est en passe d’être atteint mais l’effort doit se poursuivre sur le long terme. Le plan suivant est d’ailleurs en cours de rédaction.

Réduire les risques pour l’homme

La vaccination est utilisée, d’une part, pour la protection individuelle des animaux vis-à-vis de certaines infections et, d’autre part, pour la gestion collective des pathologies, certaines étant contagieuses et plutôt ponctuelles (comme la BVD ou la paratuberculose des bovins, l’épididymite contagieuse du bélier), et d’autres étant fréquentes et plutôt chroniques (comme les diarrhées néonatales).

Au-delà, il s’agit aussi de protéger l’homme. L’objectif est double : réduire l’usage des antibiotiques pour limiter l’apparition d’antibiorésistances et prévenir les zoonoses, ces maladies transmissibles à l’humain. L’enjeu a récemment amené quelques eurodéputés à s’en saisir, parmi lesquels trois Français : Éric Andrieu (PS), Jean-Paul Denanot (PS) et Michel Dantin (LR). Ils ont ainsi demandé à la Commission européenne de « promouvoir davantage la vaccination contre la salmonellose dans les élevages porcins et aviaires ».

Une « culture de la vaccination »

Les filières porcine et avicole ont intégré la vaccination dans leurs conduites d’élevage depuis des années. Par obligation souvent mais aussi parfois par conviction. « Elle a très bien protégé les volailles contre plusieurs maladies, dont celle de Marek et Newcastle, explique Yves de la Fouchardière, directeur des Fermiers de Loué. Désormais, il est nécessaire de réduire l’emploi des antibiotiques, qui venaient souvent comme une réassurance, alors qu’ils n’étaient pas utiles. Chez les Fermiers de Loué, la culture de la vaccination existe depuis longtemps. Nous avons opté pour la prévention et la phytothérapie, moins sûre, mais il faut accepter qu’il y ait des échecs de temps en temps. Le plus important, c’est la formation des éleveurs. Ils doivent rester vigilants, éviter les ruptures dans l’environnement des animaux… C’est un combat permanent. » Pour lui, les antibiotiques ne sont pas assez chers pour en réduire l’intérêt économique face aux vaccins. Le prix de ces derniers est parfois un frein à leur utilisation (lire page 54).

Un outil parmi d’autres

Les vaccins sont un outil à intégrer parmi d’autres bonnes pratiques, sur le plan sanitaire mais aussi alimentaire, de logement des animaux, etc. Aymeric et Stéphane Auguste, éleveurs laitiers en Normandie, le confirment (lire page 53).

Pour les espèces majeures, l’offre en vaccins est suffisante (lire page 55). En revanche, les espèces mineures attendent davantage de soutien et, pour les ruminants, le retour des autovaccins dans la palette des outils.

Une pratique à conforter

Le Syndicat de l’industrie du médicament vétérinaire (SIMV) a voulu comprendre les motivations des éleveurs qui pratiquent une vaccination régulière. Après enquête, il ressort que la prévention est « une priorité » mais que « la vaccination n’est pas citée » comme en faisant partie.

Souvent, « l’élément déclencheur à la mise en place de la vaccination est un épisode marquant de perte d’animaux ». Il s’agit alors d’une réponse ponctuelle au problème et, plus on s’éloigne de l’événement, plus la tentation d’interrompre la vaccination est forte.

Pourtant, les éleveurs en connaissent les avantages en termes de moindres pertes, de bénéfice économique et psychologique, ainsi que d’organisation de travail facilitée avec « un temps planifié et non subi ».

Ceux qui vaccinent le font depuis huit à dix ans en moyenne. Ils en voient les avantages et connaissent le coût à ne pas le faire. « Pour autant, la pratique est rarement acquise définitivement », souligne le SIMV, qui conseille au vétérinaire de faire régulièrement un bilan avec l’éleveur « pour le conforter dans son choix de maintenir la vaccination ».

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Cet article est paru dans La France Agricole

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