Les éleveurs rencontrés dans le cadre de ce dossier constatent que l’offre en reproducteurs angus ou hereford est insuffisante, au regard d’une demande soutenue. « Cette situation de manque pourrait tenter certains à vendre des animaux sans filiation et donc sans avenir pour les acquéreurs, avertit Pascal Bastien, président de l’OS hereford. Il faut être très vigilant lors de l’achat des reproducteurs, qu’ils viennent de l’étranger ou de France. »

Angus : de multiples appellations

Aberdeen-angus, black angus, red-angus… Quelles sont les différences ? « Les aberdeen-angus sont les animaux de race angus enregistrés dans le herd-book tenu par The Aberdeen-Angus Cattle Society, explique Arnaud Desbans, sélectionneur et gérant de l’entreprise Angus Bretonnière. L’ADN de chaque animal est testé avant inscription, pour s’assurer des origines de l’animal, de l’absence de maladies héréditaires. C’est la garantie d’obtenir des animaux conformes à la race. » Les pedigrees et index de tous les aberdeen-angus sont en libre consultation sur internet. Le terme « black angus » peut désigner les angus à la robe noire. Il est aussi fréquemment utilisé pour qualifier la viande parfois issue d’animaux croisés. Concernant les red angus, « elles sont similaires aux angus noires, couleur exceptée. Elles se vendent en revanche plus chères car elles sont plus rares. »

Selon Arnaud Desbans, il existe deux catégories d’angus : « Une angus traditionnelle, de gabarit moyen, et une angus de type « charolaise », au format plus important mais ayant perdu en rusticité et en capacité à se finir à l’herbe. » Le sélectionneur insiste sur l’importance de la lignée femelle et des index génétiques lors du choix des reproducteurs. Il préconise l’utilisation du type traditionnel (vache de 750 kg) mais modernisé, afin d’obtenir une croissance rapide et de la précocité : le premier vêlage à l’âge de 2 ans, l’abattage des broutards entre 15 et 24 mois, selon l’alimentation, pour une carcasse avoisinant 350 kg.

Hereford : un herd-book français

Contrairement à la race angus, la race hereford possède un herd-book français. « Nous n’avons pas encore d’index mais nous y travaillerons peut-être à moyen terme », explique Pascal Bastien. « Notre objectif de sélection est de conserver des gabarits moyens, avec des vaches de réforme de 350-380 kg de carcasse et des bœufs de 3 ans pesant autour de 400 kg. Nous favorisons également les animaux sans corne. »

Jean-Christophe Bétis, sélectionneur de herefords à Villaines-La-Juhel (Mayenne). Voir son témoignage ci-après. © V. Scarlakens

Témoin
« Je vends tous mes animaux en reproducteurs » Jean-Christophe Bétis, sélectionneur de herefords à Villaines-La-Juhel (Mayenne)

«J’ai acheté mes premières herefords en 2004 et je ne regrette vraiment pas mon choix. Aujourd’hui, j’élève 40 mères en plein air intégral tout herbe sur 80 ha. Depuis trois ans, je ne vends plus de viande, uniquement des reproducteurs. Il y a tellement de demande que je pourrais en vendre deux fois plus sans difficulté ! Mes clients ont des motivations variées. Certains sont déçus de la valorisation des races françaises, d’autres ont une logique d’extensification. C’est une race parfaite pour l’élevage biologique : rustique, docile et s’engraissant à l’herbe. J’ai importé mon taureau actuel d’Angleterre, ses index le classent dans les meilleurs de la race. Les mères ont aussi d’excellentes origines. Je vends les femelles de 7 à 10 mois aux alentours de 1 000 € HT, les jeunes vaches non suitées à partir de 1 500 € et les génisses amouillantes autour de 1 750 €. Les mâles futurs reproducteurs de 7 à 9 mois se valorisent 1 500 € et ceux de plus de 18 mois autour de 2 500 €. »