À chaque mise en culture d’une nouvelle parcelle se pose la même question : où sont les drains. Le plan de drainage n’existe souvent que dans la mémoire de l’agriculteur qui les a posés. L’absence de documentation peut faire perdre un temps précieux en cas de bouchage ou travaux profonds, tandis que la technique du sondage endommage couramment l’installation.

Des chercheurs néerlandais de l’université d’Aarhus (Danemark) ont eu l’idée d’utiliser un drone pour repérer les drains. À cet effet, l’aéronef est équipé de trois types de caméras. La première enregistre les couleurs visibles (VIS-C), la seconde est de type multispectral (MS) et la dernière capture l’infrarouge thermique (TIR). L’idée est de repérer les différences d’humidité dans le sol puisque ce dernier est normalement plus sec au-dessus des drains dans les autres parties de la parcelle. Les caméras VIS-C et MS détectent la différence entre le sol sec et la partie humide. De son côté, la caméra thermique permet de confirmer les premières observations puisque le sol se réchauffe différemment selon son humidité. C’est toutefois cette caméra qui fournit les mesures les plus fiables (70 %). La caméra couleur VIS-C, qui est aussi la moins chère, n’est fiable qu’à 48 % mais elle a l’avantage de capturer des images directement utilisables par l’agriculteur, qui peut procéder à cette analyse seul. Les chercheurs recommandent de combiner le passage de drone avec une cartographie GPR, qui combine la géolocalisation par GPS avec une mesure de la profondeur.

Protéger la faune sauvage

L’autre grand axe de développement du drone est le repérage des nids avant le début des chantiers de fenaison. Le principe développé par des chercheurs de l’université d’Helsinki (Finlande) est de survoler la parcelle avec un drone équipé d’une caméra thermique. Les images récoltées alimentent une intelligence artificielle avec un algorithme capable de repérer les nids. Les inventeurs souhaitent coupler cette information avec les logiciels d’agriculture de précision et l’autoguidage par GPS sur le tracteur, afin de relever automatiquement la faucheuse à l’approche d’un nid.