Initié en 2015, le programme AP3C (1) a la vocation de scénariser l’évolution de sept systèmes de production bovins viande à travers onze départements du Massif central. Six groupes d’éleveurs ont participé à la construction d’axes d’adaptations de leurs systèmes d’élevage, selon des approches agronomique et zootechnique­.

Adaptations en urgence

À l’horizon de 2050, les rendements en herbe, récoltée et stockée, sont prévus en baisse de 13 à 28 % selon les zones et les contextes pédoclimatiques. En maïs ensilage, les rendements devraient chuter de 20 %, d’après les prévisions AP3C. Pour compenser la perte inévitable de production, les éleveurs devront combiner un ensemble de leviers, en fonction des besoins des animaux et des stocks disponibles. Des « adaptations de court terme, en urgence » pourront être actionnées sans remise en cause du système d’élevage dans la durée. D’autres choix stratégiques auront pour conséquence une « modification pérenne, avec une faible réversibilité », annoncent les contributeurs du projet.

(1) Adaptation des pratiques culturales au changement­ climatique.

L’expert
« Ne pas dégrader les performances économiques » Philippe Dimon, chef de projet dans les productions de viande à l’Institut de l’élevage

« Dans le cadre du programme AP3C, un des leviers mis en avant par les éleveurs est la limitation des UGB improductifs. Pour y parvenir, la réduction de l’âge au premier vêlage constitue un levier intéressant. Tendre vers des vêlages plus précoces nécessite certes des fourrages de meilleure qualité à fournir aux génisses mais, avec une offre en herbe plus concentrée au printemps, la réalisation de fauches précoces peut être une pratique à creuser. La réduction du cycle de production des animaux plus jeunes est également une solution d’ajustement envisagée par les éleveurs. Elle se traduit toutefois par une diminution de la viande vive produite. Une bonne adéquation du prix de vente est nécessaire pour ne pas dégrader les performances économiques de son exploitation. Enfin, la modification des périodes de vêlage est une autre piste à explorer. Certains éleveurs ajustent déjà leurs mises bas d’hiver de quelques semaines. Ceci afin d’obtenir un maximum de veaux sevrés et des vaches aux besoins moindres avant la période estivale critique. »

Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

Les prix se maintiennent

L’offre est modeste mais suffisante pour cette semaine du jeudi de l’Ascension. Si la météo est encore peu favorable aux grillades, les restaurateurs se préparent pour la réouverture des terrasses le 19 mai 2021.