La pomme de terre a le vent en poupe puisque, après la hausse de 2016, les surfaces s’envolent à nouveau de 10 000 ha pour approcher les 140 000 ha. La région Hauts-de-France, qui regroupe plus de 60 % des surfaces, est pour une grande partie à l’origine de cette progression. Les rendements sont sur la même tendance et augmentent dans les principales régions de production. La moyenne nationale, supérieure à 44 t/ha, est ainsi en hausse de plus de 10 %, ce qui conduit à une production globale de l’ordre de 6,1 Mt (5,1 en 2016), comparable à la récolte record de 2014. Au sein du NEPG (Allemagne, Belgique, Pays-Bas, France et Royaume-Uni), les surfaces suivent la même tendance avec une augmentation de 5,9 % à près de 586 000 ha. Le rendement progresse lui aussi de 11 % (49,4 t/ha), pour une production de l’ordre de 29 Mt, en hausse de 17 % par rapport à l’an dernier, et même supérieure au record de 2014 (28,5 Mt).

Cette abondante récolte, combinée à une baisse de la consommation des ménages sur le marché du frais, ainsi qu’à des problèmes de conservation (pourriture, vitrosité, mildiou…), a donné lieu à un petit vent de panique, à des enlèvements précoces par les industriels, et même à des braderies plus ou moins justifiées.

Sur le marché libre (hors contrats), les prix semblent se stabiliser, mais s’affichent en très net recul, de l’ordre de 100 à 200 €/t de moins que l’an dernier à la même époque. Certains volumes excédentaires seront inévitablement orientés vers l’alimentation animale, la méthanisation ou la féculerie.

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