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Dossier Peu de risques de toxicité relevés

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La plupart des plantes utilisées dans les couverts d’intercultures conviennent pour le pâturage des brebis. Seules quelques espèces comme la moutarde ou le sarrasin sont à éviter en pur. © M.-F. .Malterre

Le projet Brebis_Link n’a pas observé de problèmes sanitaires liés au cuivre ou aux produits phyto employés pour traiter les vignes ou les vergers. Quelques précautions sont toutefois à prévoir vis-à-vis de certains couverts.

Le cuivre a mauvaise réputation pour le pâturage des brebis. « Pourtant les intoxications sont très rares, déclare Camille Ducourtieux, de la chambre d’agriculture de Dordogne, coordinatrice du projet Brebis_Link. Nous n’avons pas observé d’intoxication dans les essais que nous avons conduits sur les vignes et les vergers pendant deux ans. Y compris sur les parcelles où la mesure de la dose maximale recommandée de 0,015 g/kg de matière sèche ingérée était largement dépassée. »

Les analyses de l’herbe réalisées indiquaient parfois des doses sept à huit fois plus importantes. Pourtant, cela n’a pas rendu les animaux malades. D’autres éleveurs dont les troupeaux pâturent des vignes depuis longtemps n’ont pas observé d’intoxication. « La forme du cuivre employée lors du traitement, le type de sol, la flore, le niveau de pluviométrie, la présence d’autres oligoéléments antagonistes (molybdène, soufre et zinc) semblent jouer un rôle, ajoute la conseillère. Des explications restent encore à découvrir. D’autres études se poursuivent. En Gironde notamment, où des mesures de cuivre sont prévues sur la laine par exemple. Dans le Sud-Est, un autre programme prévoit de doser l’oli­goélément dans le sang de l’animal. »

Les résidus de pesticides suscitent également de nombreuses interrogations, mais peu de références sont disponibles pour analyser la situation. « L’interprétation des mesures réalisées sur l’herbe pâturée est difficile, déclare Camille Ducourtieux. Nous avons effectué des comparaisons avec les limites maxi­males de résidus (LMR) tolérées pour la consommation humaine. Les recherches des différentes molécules dans l’herbe ont décelé des teneurs toutes inférieures à la LMR.

La plupart des plantes présentes sur les surfaces additionnelles offrent une ressource alimentaire intéressante pour les brebis. Seules quelques espèces consommées en grande quantité peuvent causer des problèmes sanitaires. C’est le cas de la moutarde, par exemple. « Mieux vaut éviter de l’incorporer à grosse dose dans les mélanges, explique Laurence Sagot, de l’Institut de l’élevage (1). La plante est riche en glucosinolates. Si elle n’est pas rationnée, les brebis peuvent rencontrer des problèmes de goitre et hormonaux, ce qui peut entraîner de l’infertilité. »

Pas de sarrasin en pur

La gesse et la vesce velue peuvent se pâturer sans problème au stade feuillu. Mieux vaut en revanche éviter de faire consommer les graines. « La gesse contient un neurotoxique assez puissant qui peut provoquer des paralysies, ajoute Laurence Sagot. La vesce velue contient, quant à elle, de l’acide cyanidrique, qui peut aussi présenter des risques d’intoxication. La vesce commune ne comporte toutefois pas de contre-indication. »

Le sarrasin peut être à l’origine de pho­to­sensibilisations. Mis à disposition des animaux en grande quantité, en culture pure par exemple, il peut arriver que la peau de l’animal devienne sen­sible. Elle plisse. Le traitement consiste à renter les animaux dans la bergerie à l’abri de la lumière.

(1) Au webinaire de clôture de Brebis_Link, le 25 mars.

Éviter les variétés engazonnantes

Le semis de variétés de ray-grass ou de fétuque engazonnante peut être à l’origine du développement de moisissures endophites toxinogènes. « Deux moisissures principales sont à craindre, le lolitremB et l’ergovaline, indique Camille Ducourtieux, de la chambre d’agriculture de Dordogne.

Les risques sont faibles, mais ils existent. Pour les réduire, mieux vaut se mettre d’accord avec le viticulteur pour choisir des variétés fourragères qui ne comportent aucun risque. »

La gestion du travail est difficile sur les surfaces éloignées et non clôturées
Caractéristiques de la surface additionnelleFait partie de l’exploitationAppartient à des tiers proches
de l’exploitation de l’éleveur
Appartient à des tiers éloignés
de l’exploitation de l’éleveur
Dispose d’un équipement
en clôtures fixes et abreuvement
Peu de travail supplémentaire par rapport à du pâturage sur la surface fourragère principale.Travail supplémentaire modéré pour déplacer les animaux et assurer la surveillance.
N’est pas équipée de clôtures fixes ni d’abreuvementTravail supplémentaire modéré pour installer et déplacer les clôtures par rapport à une surface fourragère principale équipée pour le pâturage.Travail important pour déplacer les animaux et les clôtures mobiles et assurer la surveillance.
Recours à un berger salariéDélégation du travail de gestion du pâturage.
La gestion du pâturage des surfaces additionnelles est compliquée pour les situations représentées en orange foncé. À l’inverse, plus le vert est foncé, moins le travail est un obstacle. Source : Institut de l’élevage.
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