Au début des années quatre-vingt-dix, un quart de nos veaux présentaient des problèmes de gros nombrils, se souvient Damien Orcière, installé à Rambaud, dans les Hautes-Alpes. Trois ans plus tard, tous étaient affectés. Nous avons utilisé l'homéopathie, méthode à laquelle je commençais à m'intéresser par conviction. Pour nous, elle coule de source, même si elle passe après deux points essentiels : l'alimentation et le logement. ' Sur son exploitation convertie à l'agriculture biologique depuis 1998, Damien Orcière élève, avec son épouse et un second associé, quarante-cinq vaches allaitantes et trois cents brebis.

La propreté de la stabulation est un facteur de risque très important des infections ombilicales. Comme les vêlages ont lieu dehors à la descente de l'estive, quand le temps est encore sec, il n'y avait aucune raison de remettre en cause la stabulation quand les gros nombrils se sont généralisés. ' Nous avons utilisé plusieurs désinfectants classiques du nombril, mais les inflammations ont perduré, se souvient Damien Orcière. Nous n'avons pas fait appel aux antibiotiques, même si cela aurait permis de gagner du temps. ' Il a fallu plusieurs années pour trouver la solution homéopathique adéquate avec le vétérinaire homéopathe Paul Polis. La méthodologie consiste à lister les symptômes, de toute nature, que présente l'animal, pour remonter vers le remède d'origine végétale, animale ou minérale qui convient.

' Finalement le symptôme clé a été l'aspect du cordon ombilical, explique Paul Polis. Il restait humide deux à trois semaines après la naissance, comme si le vêlage avait eu lieu la veille. S'ensuivaient l'inflammation, puis l'infection. ' Administré sous forme liquide à l'ensemble du troupeau, le traitement utilisé, de l'Abrotanum (à base de citronelle), a permis de mettre fin au problème dans l'élevage. ' Ce qui ne veut pas dire qu'il aurait fonctionné pour la même pathologie dans un autre élevage, rappelle Damien Orcière. Les solutions ne sont pas transposables. '

Le traitement est peu onéreux : environ 2 ? le tube de granules pouvant soigner un animal. Le coût vétérinaire, 1 200 ? par an, est composé en grande partie du suivi de l'exploitation par un groupement de vétérinaires homéopathes.

' Nous ne sommes pas forcément plus à l'aise, aujourd'hui qu'hier, avec les différents remèdes, concède Damien Orcière.

Mais, à force de succès sur certaines pathologies, on en retire de la sérénité et de la confiance. Nous ferons toujours des erreurs, et l'environnement parfait n'existe pas. Avec du temps et de l'observation, nous apprivoisons petit à petit l'homéopathie. '