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Dossier « Nous sommes passés à un système pâturant »

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La construction du boviduc en 2019 a ouvert sur 32 hectares accessibles sans traversées de routes. © A. Courty/GFA

Les frères Jamin, éleveurs laitiers en Vendée, ont pris le virage du pâturage il y a presque trente ans. Leur actuelle conversion en bio les conforte dans leur modèle.

Au début des années 1990, la Vendée est touchée par trois sécheresses consécutives. « Notre système fourrager a été mis à mal, relate Jean-Michel Jamin. La trésorerie était à sec. » À l’époque, l’agriculteur et ses parents, basés à La Boissière-de-Montaigu, élèvent 35 vaches laitières en zéro pâturage sur 67 ha de SAU, dont 25 ha en maïs. « L’ouverture du pâturage sur les 7 ha de prairies accessibles autour de la ferme s’est faite rapidement, afin de relâcher la pression sur le coût alimentaire. »

En 1995, l’arrivée de Stéphane Jamin au sein du Gaec amplifie ce virage. « Durant les cinq ans qui ont suivi mon installation, les chemins communaux et privés nous ont permis d’accéder à une quinzaine d’hectares supplémentaires. »

En 2012, les deux frères mettent en place de nouveaux chemins afin de se soustraire de certains passages publics et d’atteindre 20 ha additionnels.

« Notre dépendance au maïs a vite chuté, mais il fallait être deux pour desservir la plupart des parcelles à cause de la traversée d’une départementale », poursuit Stéphane.

La construction d’un boviduc en juillet 2019 a résolu ce problème. « Aujourd’hui, 39 ha sont accessibles sans traversées, chiffre-t-il. L’amplitude quotidienne du pâturage est augmentée, même en cas d’absence de l’un de nous. »

Ce cheminement a conduit les éleveurs à se convertir à l’agriculture biologique.

« Offrir la meilleure herbe »

« La mise en place ou le développement du pâturage laisse peu de place au hasard, expose Stéphane. L’agencement préalable des chemins et clôtures sur l’ensemble du parcellaire est primordial. Offrir la meilleure herbe demande une certaine souplesse. » Dans la même logique, en pâturage tournant, l’éleveur recommande de prédisposer les bobines de fil dans les paddocks.

Les frères Jamin ont également mis fin à la spécialisation pâturage-fauche des prairies. « L’idée est de laisser le maximum de marge de manœuvre pour le pâturage de printemps, d’automne et en périodes sèches », insistent Stéphane et Jean-Michel. « Connaître le rapport entre le nombre d’ares nécessaires par vache et le nombre d’ares accessibles permet d’anticiper la constitution de stocks fourragers­ », ajoutent-il.

Sur le mode de pâturage, le choix de paddocks de 12 h, à raison d’un are par vache et par jour, permet « une répartition homogène des UGB et des effluents, tout en stimulant l’ingestion des vaches en les mettant en compétition. »

Le récent recours au croisement trois voies devrait améliorer la rusticité et l’endurance des animaux.

En chiffres

• 80 prim’holsteins.

• 470 000 litres de lait.

• Conversion en bio finalisée en mai 2020.

• 110 ha de SAU, dont 90 ha en prairies.

• Coût alimentaire de 65 €/1 000 litres.

• 2 UTH.

• Membres d’un groupe pâturage.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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