«Le nombre de cellules du lait a diminué de moitié depuis l'installation des logettes», constatent Pascal Andraud, Solange, sa belle-soeur, et Sabrina, sa nièce (de gauche à droite). © GFA

«Avec les logettes, la consommation de paille oscille entre 1 et 1,5 kg de paille par vache et par jour, estime Pascal Andraud, qui conduit 70 vaches laitières à Egliseneuve-d'Entraigues, dans le Puy-de-Dôme. Sur l'aire paillée, il en fallait au moins 8 kg par vache et par jour.» Pas étonnant dans ces conditions que les quatre associés du Gaec (Pascal, son frère Lucien, sa belle-soeur Solange et sa nièce, Sabrina) se réjouissent du réaménagement de leur stabulation. D'autant que le prix de la paille fluctue beaucoup ces derniers temps (voir l'encadré).

Baisse du nombre de cellules

«Nous avons profité de la mise aux normes en 2001 pour modifier notre organisation», se souvient Pascal. L'aire paillée, en plus de représenter une charge importante, était à l'origine de mammites. Le nombre de cellules s'élevait à 500.000 par millilitre de lait. «Depuis l'installation des logettes, ce chiffre n'excède pas 250.000 par millilitre», remarque Sabrina. Pourtant, l'aire paillée n'était pas dénuée d'intérêt.

«En 1993, lorsque nous avons abandonné l'étable entravée, nous avions choisi cette option pour le confort qu'elle apportait aux animaux, explique Pascal. Sur ce plan-là, les logettes sont un peu moins performantes. Cela n'a toutefois pas empêché les animaux de s'y habituer rapidement dès leur mise en place», reconnaît-il. Les travaux ont été réalisés par les associés. Il a fallu couler une chape en béton pour surélever les 70 logettes disposées en tête à tête. «Les couloirs sont un peu étroits, constate Pascal. Celui situé entre les logettes mesure 1,4 mètre. Juste assez pour rouler une balle ronde», explique-t-il. Cet espace est néanmoins insuffisant pour stocker les balles. Le paillage, quant à lui, se fait manuellement tous les matins et tous les soirs comme avant. Il est cependant deux fois plus rapide, une demi-heure suffit. Les associés notent que les vaches sont toutefois plus propres, même si elles sont moins à l'aise pour se relever que sur la paille. Un élément important pour garantir une bonne l'hygiène lors de la traite.

116.000 € d'investissement

Parmi les investissements supplémentaires figure un racleur hydraulique de 2 mètres de largeur. Ils sont deux maintenant à diriger le lisier pailleux vers la nouvelle fosse, de 1.100 m³. Ils sont mis en marche deux fois par jour.

Les associés ont aussi profité du réaménagement pour agrandir le bâtiment de deux travées. «Pour cela, nous avons démonté et déplacé le pignon, ajoute Pascal. Au total, le montant des travaux s'élevait à 116.200 euros en 2001: 7.600 euros de terrassement, 30.800 euros de maçonnerie, 25.500 euros de charpente, couverture et bardage, 38.400 euros pour la fosse, 7.400 euros pour le racleur et 6.500 ude tubulaires.

Pas d'investissement supplémentaire toutefois pour l'épandage du lisier, l'exploitation dispose d'une tonne. Le lisier désormais pailleux demande néanmoins un broyage avant pompage.

4.900 euros d'économie

Pour l'exploitation, qui se situe à 1.000 mètres d'altitude, le prix de la litière devrait s'établir cette année aux alentours de 0,08 euro/kg, soit 80 euros la tonne. C'est 10 euros de plus par tonne que l'année dernière. Depuis l'installation des logettes, les 70 vaches laitières n'en consomment plus qu'une vingtaine de tonnes au cours des 180 jours d'hivernage. C'est 70 tonnes de moins qu'avant. L'économie s'élève à 4.900 euros!

Eclairage peu déficient

«Avec le recul, nous regrettons la hauteur un peu faible des entrées de lumière sur les longs pans de la stabulation», signale Pascal. Des panneaux translucides sur le toit pourraient améliorer la situation.

par Marie-France Malterre (publié le 5 septembre 2008)