Depuis 2015, dans le Parc naturel régional du Perche, les porteurs de projets en circuits courts peuvent se tester avant de s’installer. Un espace-test accueille les candidats, qui « doivent avoir une formation ou une expérience dans le domaine visé », explique Camille Henry, chargée de l’agriculture au sein du parc. Le foncier appartient à des propriétaires privés. Les matériels sont financés par des collectivités ou grâce à des prêts bancaires. Les participants bénéficient d’un accompagnement technique et de gestion pendant un à trois ans. À la fin, ils décident de s’installer ou non.

Depuis 2015, onze entrepreneurs ont été accueillis et cinq se sont lancés. Comme Sarah Gilsoul et son compagnon, Emmanuel Godinot. « Grâce à l’espace-test, nous avons eu une exploitation maraîchère bio clé en main. Au-delà des outils mis à notre disposition, cela nous a ouvert les portes de nombreux réseaux de producteurs et d’acteurs du territoire », témoigne Sarah.

Sur le parc, composé à 78 % de surface agricole, « il restait un seul maraîcher en 2014, relate Camille Henry. L’espace-test a d’abord été ouvert pour cette activité. Le but est d’apporter de la valeur ajoutée localement, car 95 % de nos productions partent en filières longues. »

De nombreuses candidatures

Le parc soutient donc aussi les dossiers autour de la transformation et de la commercialisation. Ainsi, un marché d’intérêt local (association Mil Perche) a été créé en 2016 pour simplifier l’approvisionnement en produits locaux par les professionnels : restaurateurs, cantines… Une plate-forme de commandes et livraisons a été mise en place. Côté transformation, une conserverie a vu le jour en juin dernier. Un projet mené par une agricultrice passée par l’espace-test. « Nous n’avons plus besoin de communiquer, il y a beaucoup de candidatures, affirme Camille Henry. Ceux qui se sont installés produisent des fruits et légumes et des plantes aromatiques. Depuis peu, des porteurs de projets en élevage bio ont intégré le dispositif. Du porc plein air et un élevage ovin pâturant sous vergers sont en test. »