Tier 2 pour les moins de 180 ch, déjà Tier 3 pour les plus puissants: en cinq ans, les moteurs équipant les engins agricoles ont gravi deux échelons dans la course à la mise aux normes antipollution. Et les changements sont loin d'être terminés puisque les motoristes devront atteindre la norme Tier 5 dans moins de dix ans. A chaque étape, les constructeurs doivent réduire les émissions de particules et d'oxyde d'azote.

Pour y parvenir, tous disposent des mêmes solutions technologiques:

- injection à haute pression avec common-rail,

- adoption des quatre soupapes par cylindre,

- et utilisation de la régulation électronique de l'injection.

Augmentation de la puissance moyenne

Sur le papier, l'agriculteur gagne de la puissance avec le passage à la norme Tier supérieure. Ainsi, un tracteur donné pour 190 ch en Tier 2 est annoncé à 200 ch avec sa motorisation Tier 3. Mais les chevaux supplémentaires ne sont pas toujours au rendez-vous. Car pour comparer les performances des deux moteurs, il faut s'assurer que les normes de mesures sont les mêmes (voir les tableaux ci-dessous).

En effet, les constructeurs disposent de sept normes pour mesurer la puissance de leur moteur, certaines les avantageant nettement par rapport à la puissance réelle délivrée à la prise de force.

En moins de quatre ans, les tractoristes ont peu à peu délaissé les normes «réalistes» de type ECE R 24 et DIN au profit de mesures plus avantageuses de type ISO, qui évaluent une puissance brute. Et le tour de passe-passe ne s'arrête pas là.

Sur les documentations, certains annoncent désormais la puissance maximale plutôt que la puissance nominale, ce qui permet encore de gagner des chevaux. La prudence est donc de mise dans les comparaisons. Le tableau ci-dessous indique les normes les plus fréquemment employées par chaque constructeur.

Généralisation de l'injection à haute pression

L'arrivée de la génération Tier 3 se traduit par une utilisation quasi systématique du common-rail et la disparition programmée des pompes rotatives et des injecteurs-pompes, si favorables à l'utilisation de l'huile brute. Pour le moment, les tractoristes déconseillent fortement l'utilisation d'huile avec un common-rail et peu d'agriculteurs ont envie de s'y risquer.

L'autre conséquence importante des nouvelles technologies est l'augmentation significative de la consommation. Sur ce plan, les organismes de recherche ont constaté un retour en arrière de près de dix ans sur le plan de la consommation spécifique.

par Corinne Le Gall (publié le 10 février 2006)