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Dossier Rustique et nerveux

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Conçu pour le BTP, le TH.7038 brillepar sa sobriété et ses performances hydrauliques. Plus rustique quecertains concurrents, il convientaux utilisations en Cuma et ETA.

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Comme les tracteurs de la marque, les télescopiques Massey Ferguson arborent le macaron Made in France. Ils sont produits dans l’usine Bobcat, en Loire-Atlantique. Le TH.7038 est donc très proche du Bobcat TL 38.70 HF que nous avions testé l’an dernier.

Châssis

La partie inférieure de cet engin est protégée par une plaque de 8 mm d’épaisseur. En plus de son rôle de bouclier, cette dernière offre une masse supplémentaire, répartie uniformément.

Bien que le réalignement des roues soit semi-automatique, le constructeur a conservé les deux témoins lumineux, ce qui est sécurisant. Un contrepoids de 856 kg assure la stabilité de l’ensemble. Le TH.7038 propose les trois modes de direction classiques, sélectionnés avec un interrupteur placé sur la planche de bord. Petite originalité, s’y ajoute une configuration « faux crabe ». Appelée « mode manuel », elle consiste à donner un angle fixe à l’essieu arrière et à diriger le chargeur avec les roues avant. Pour l’activer, il est préférable d’avoir le guide de l’utilisateur entre les mains. Il faut se mettre dans le menu du régime moteur, appuyer sur le bouton des feux de travail pendant trois secondes, jusqu’à ce que le mode d’alignement s’affiche. Puis sélectionner le mode manuel et tourner les roues.

Moteur et transmission

Le TH.7038 est équipé d’un moteur Doosan, fourni par la maison mère de Bobcat. Ce bloc de 130 ch de 3,4 l développe un couple de 500 Nm. Il est conforme à la norme Tier 4 final avec SCR et filtre à particules passif. Il est possible de retarder la régénération du filtre. Sous le capot, le grand radiateur est divisé en trois parties correspondant à intercooler, huile et moteur. Le SCR et le filtre passif sont également logés sous le capot. Un indicateur en cabine informe sur le niveau de colmatage du filtre. Massey Ferguson emploie le même réservoir pour l’huile hydraulique et la transmission.

La transmission hydrostatique combine deux gammes mécaniques (0-12 km/h et 0-40 km/h) et deux rapports hydrauliques. Les deux rapports mécaniques, actionnés avec un interrupteur situé sur la planche de bord, se changent uniquement à l’arrêt. Les deux rapports hydrauliques « lièvre » et « tortue » sont sélectionnés au moyen d’un bouton placé au bout du commodo de phares.

La présence de ces deux rapports supplémentaires offre un réel confort dans les activités de chargement intensif, avec un recoupement entre les vitesses, ce qui n’est pas toujours évident autour de 8 km/h sur une hydrostatique. Pour les applications particulières, comme la distribution de la ration avec un godet mélangeur, ce modèle dispose d’un mode « vitesses rampantes », activé avec le bouton « escargot ». Le régime moteur y est indépendant de la vitesse d’avancement. La vitesse maximum se règle directement dans le terminal, avec les boutons plus (+) et moins (-) du joystick.

Flèche

Ce Massey Ferguson est équipé de deux pompes. Une première, load-sensing, délivre 190 l/min pour la flèche et les circuits auxiliaires. Une pompe de 17 l/min alimente le frein de parking, les freins et le ventilateur. Il est possible d’adapter le débit hydraulique sur l’écran du tableau de bord : A pour les fonctions auxiliaires et B pour la flèche. Les débits sont ajustés avec les boutons plus et moins sur le joystick.

Les mesures ont confirmé nos sensations de conduite : ce télescopique remporte la palme de la rapidité pour l’exécution des mouvements. Il met entre deux et dix secondes dans la vue de ses concurrents lorsque le débit hydraulique est réglé à 100 %. La vitesse de la montée, en particulier, est vraiment impressionnante. Plus petit que ses concurrents, le TH.7038 se montre moins à l’aise sur la capacité de levage.

La suspension de la flèche fonctionne avec deux absorbeurs de chocs : un pour les faibles sollicitations et un second pour les charges élevées. Un bouton jaune placé sur le joystick permet d’activer la suspension, à condition de savoir qu’il faut tirer le manche vers l’arrière en même temps. Un voyant bleu, faible, situé derrière le volant, signale au chauffeur que la suspension est engagée. Il faut également que la flèche possède un angle de 3° pour que la suspension s’active. Ce n’est vraiment pas pratique mais il y a une bonne nouvelle : les futurs modèles seront désormais équipés d’un système qui s’engage en une seule pression sur un bouton, même avec un angle de 0°.

L’outil frontal bénéficie d’un système de verrouillage hydraulique. Les verrous reviennent automatiquement en position dès que le chauffeur lâche le bouton. Ce qui est la meilleure solution et évite un oubli lourd de conséquences. Les prises de branchement pour la fonction hydraulique auxiliaire disposent d’un système d’auto-décompression qui fonctionne correctement. En revanche, ces prises sont orientées vers l’avant du véhicule, ce qui complique l’opération de branchement pour les droitiers.

JoysticK

Le joystick est « viril » et possède une course importante. Toutes les fonctions sont situées sur le pommeau. La gâchette placée sous le levier est utilisée pour le pompage continu. L’inverseur est installé au centre et offre une position neutre. Les boutons plus et moins fixés au sommet ne commandent pas les rapports sous charge mais le paramétrage de certaines fonctions dans le terminal. Télescope et troisième fonction sont commandés par deux gâchettes peu confortables. Le dernier bouton est celui qui active la suspension de flèche.

Au travail

Avec son hydraulique dopée, le TH.7038 est difficile à contrôler à pleine puissance. Nous avons réglé le débit à 40 %, c’est suffisant pour réaliser sereinement l’empilage des bottes de paille. Dans le champ, pour rassembler les bottes, l’outil n’est pas très confortable et il n’est pas avantagé par sa petite griffe. Très efficace, la climatisation est toutefois particulièrement bruyante. Elle génère un sifflement sur la troisième position. Pour manier la paille, nous utilisons le mode Eco, qui limite le régime moteur à 1 800 tr/min et réduit ainsi notre consommation de carburant. Nous soufflons régulièrement les grilles avec l’inversion du sens du ventilateur, activée par un bouton. Pour le fumier, la disposition des boutons de commande du télescopage et de la troisième fonction sur le joystick nous empêche de sortir la flèche et d’ouvrir le grappin en même temps.

Le frein de parking électrique se desserre automatiquement lorsqu’on appuie sur la pédale d’accélérateur. Mais il faut rester vigilant car, une fois le frein desserré, le télescopique a tendance à se mettre en roue libre et à glisser doucement.

Conduite sur la route

Lors du trajet sur la route, le TH.7038 est pénalisé par sa boîte hydrostatique. C’est donc sans surprise qu’il est le plus lent sur le parcours avec le plateau chargé et manque de punch dans les côtes. En revanche, il s’emballe facilement dans les descentes. Pour autant, il ne démérite pas et réussit quand même à boucler son tour sans repasser dans la gamme lente. Les grands rétroviseurs, assez embarrassants sous le hangar de stockage de la paille, sont un avantage pour la visibilité sur la route. Enfin, petit détail qui sera apprécié des fans d’automobiles allemandes : les clignotants fonctionnent comme ceux d’une Audi.

Le joystick manque de souplesseet possède une grande course.L’inverseur bénéficied’une position neutre. © John Gate
Le petit écran du tableau de bordpermet de régler les paramètresde l’hydraulique. © John Gate
Toutes les commandessont regroupées sur la planchede bord et clairement identifiées. © P. Peeters
Le TH.7038 dispose d’un inverseurà gauche. Le rapport hydrostatique « tortue » est au bout du commododes phares. © Cédric FAIMALI
Pour les travaux de précision, comme le chargement de la paille, il faut penser à diminuerle débit d’huile à partir du terminal en cabine. Sinon, les mouvements de la machinesont tellement rapides qu’il est difficile de doser l’effort. Avec un débit à 40 %, les travauxse font sans difficulté. © P. Peeters
Sur la route, le Massey Ferguson est pénalisé par sa transmission hydrostatique mais réalise néanmoins l’ensemble du parcours en rapport haut. © Cédric FAIMALI
Le récap
Les points positifs
Les points négatifs
Une seule marche nous séparede la cabine. Ce qui est pratique pourles travaux dans les bâtiments d’élevage. © P. Peeters
Le Massey Ferguson est motorisé par un bloc Doosan de 3,4 l développant 130 ch.Le réservoir d’Ad-Blue est accessible de ce côté de la machine. Le catalyseur SCR et le filtre à particules sont logés sous le capot, ce qui confère un design soigné à l’ensemble. © P. Peeters
Prise en main instantanée

Une seule marche nous sépare de la cabine. La très grande porte facilite l’accès mais il est difficile de l‘ouvrir en restant assis sur le siège car la poignée est très éloignée. Nous prenons place sur un siège suspendu Sears, équipé d’un appuie-tête. La particularité de cette cabine, c’est l’absence de montant à l’arrière droit, ce qui contribue à améliorer la visibilité sur cette partie. L’aménagement est simple, avec un accent américain prononcé, comme en témoignent le porte-canette de grand volume et l’espace important pour les jambes. L’agencement est basique et il est difficile de détériorer quoi que ce soit à l’intérieur. Le nettoyage est rapide, ce qui devrait satisfaire les utilisateurs en Cuma. L’ergonomie est bonne et tous les boutons sont regroupés sur la planche de bord et clairement identifiés. À bord du TH.7038, on ne perd pas de temps à chercher une commande : on la repère immédiatement. Le tableau de bord est rustique mais regroupe l’essentiel des informations. On regrette néanmoins qu’il ne soit pas possible d’afficher simultanément la vitesse et le régime moteur. L’inverseur au volant est placé assez haut, ce qui évite de le confondre avec le commodo des clignotants.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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