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Dossier Le bon rapport performance-prix

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Le 8732 S n’est pas le plus luxueux, ni le plus ergonomique. Mais il réalise tous les travaux sans difficulté et offre un bon niveau de confort au chauffeur. C’est une solution idéale pour franchir le cap des 300 ch sans plomber les finances de l'exploitation.

Avec ses 320 ch de puissance maximale sans boost, le 8732 S n’est pas le plus puissant des 8700 S, mais il correspond au cahier des charges de nos essais. Il se positionne au cœur de la série, qui couvre une plage de 270 à 400 ch. Construit à Beauvais, il arbore un profil typiquement européen.

Cabine

Notre monture est équipée d’une cabine à quatre montants. L’accès au poste de pilotage est sécurisé par de nombreuses poignées. À bord, on est loin du luxe de certains autres protagonistes. À de nombreux égards, l’aménagement tient plus du tracteur de polyculture-élevage que du modèle de tête d’un céréalier. En témoignent la structure en métal apparente et le filet pour retenir les objets stockés dans le vide-poche du toit. Alors que le joystick est clair et complet, l’accoudoir nous déconcerte. Il comporte de nombreux boutons dont la fonction ne paraît pas toujours évidente. Un bloc entier est consacré aux réglages des vitesses cibles C1 et C2. Nous découvrirons plus tard qu’il a d’autres fonctions plus avancées.

Une partie des commandes, comme celle qui permet de régler la suspension de cabine, est placée sur le montant arrière gauche et porte des pictogrammes mystérieux. L’écran positionné sur le tableau de bord offre la possibilité de réaliser de nombreux réglages, en particulier de la transmission, sans utiliser le terminal.

Moteur

Le 8732 S est motorisé par un bloc maison AgcoPower de 8,4 l délivrant 320 ch de puissance maximale et 350 ch avec le boost. Au ralenti, le moteur tourne à 1 000 tr/min. Ce régime chute à 750 tr/min dès que le frein de parking est engagé, ce qui est une solution très appréciable.

Notre tracteur offre de nombreux automatismes, à commencer par la possibilité de mémoriser deux régimes, A et B. L’enregistrement s’effectue par un appui long sur le bouton lorsqu’on est au régime souhaité ou en paramétrant la valeur dans le terminal. Le régime A bénéficie d’un bouton sur le joystick et les deux régimes peuvent aussi être activés depuis deux boutons sur l’accoudoir. La réactivité du moteur est paramétrable depuis le terminal, selon quatre niveaux d’intensité. Enfin, il est possible de coupler le régime moteur A avec la vitesse C1 et le régime B avec C2. Nous pouvons aussi activer une limite supérieure pour le régime moteur.

Transmission

Notre tracteur est équipé de la transmission à variation continue Dyna-VT, issue de la Vario Fendt. C’est la seule boîte du test qui possède deux rapports mécaniques (0 à 30 km/h et 0 à 50 km/h) qu’il est nécessaire de sélectionner à l’arrêt avec le bouton lièvre, placé sur l’accoudoir. Il est possible de conduire avec le joystick ou la pédale mais il faut obligatoirement activer un bouton pour passer de l’un à l’autre. La boîte est gérée soit automatiquement avec le mode DTM (le tracteur pilote le rapport entre le régime et la boîte), soit manuellement.

Nous enregistrons deux vitesses d’avancement C1 et C2 depuis l’accoudoir, grâce à la molette dédiée à chacun ou en roulant. Tout paraît simple mais la situation se complique avec le mode pédale. En effet, dans ce mode, la molette C1 sert toujours à régler la vitesse C1 mais la molette C2 sert à fixer une vitesse de butée. Dans ce cas, nous disposons de deux butées puisque la transmission en propose déjà une autre, réglable dans le terminal. Cette solution présente un intérêt dans les fourrières. Pour régler la plage d’évolution du régime moteur, nous disposons de deux superviseurs de sous-régime, l’un pour la traction et l’autre pour la prise de force. Comme sur de nombreux autres modèles Massey-Ferguson, le 8732 S possède un inverseur au volant qui pilote aussi l’avancement. Son agressivité est réglable.

Relevage

Le relevage de catégorie 3 dispose de deux commandes : l’une sur le joystick et l’autre sur l’accoudoir. Les deux solutions intègrent une position neutre, qui s’avère utile pour l’attelage des outils puisqu’il n’y a pas de commande « pas à pas ». Le contrôle de la profondeur se fait à l’ancienne, avec une grosse molette placée sur le côté de l’accoudoir. Tous les réglages auxiliaires sont regroupés dans le montant arrière droit.

Hydraulique

Nous trouvons cinq distributeurs à l’arrière et deux à l’avant. Trois commandes de type « bout de doigts » sont placées à l’avant de l’accoudoir. Leur mise en position flottante impose d’enfoncer la petite gachette placée à leur sommet, ce qui est loin d’être évident avec de gros doigts. Un distributeur est piloté sur le joystick et deux autres sont commandés par un levier en croix. Nous pouvons choisir le distributeur affecté au joystick principal. À l’extérieur, il n’y a pas de code couleur sur les prises et il n’est pas réellement possible de changer l’affectation des distributeurs. En revanche, Massey Ferguson offre la possibilité de les nommer selon leur fonction. La programmation du débit et de la temporisation s’effectue sur le terminal.

Prise de force

Deux régimes, 540 E et 1 000 tr/min sont disponibles. Massey Ferguson propose une solution intéressante avec l’engagement de la prise de force pilotée depuis le joystick. Il est possible d’automatiser la coupure de la prise de force en fonction de la position du relevage et de régler la hauteur d’arrêt.

Ponts

Quatre boutons disposés sur le montant arrière droit commandent les blocages du pont avant et du différentiel, en mode permanent ou automatique.

Au travail

Sur la route, nous remarquons rapidement que le débattement de la suspension de cabine est impressionnant, au point de provoquer un léger mal de mer. Heureusement, cette suspension est réglable au moyen d’un bouton placé sur la colonne de droite. Une fois la position intermédiaire sélectionnée, le confort à bord est bon et nous pouvons commencer le déchaumage. Pour activer le relevage, il faut réaliser une combinaison avec les boutons de montée et descente, ce qui s’avère pénible.

Pour la luzerne et en conditions assez humides, le Massey Ferguson réussit l’épreuve du déchaumage sans encombre. Nous regrettons juste de ne pas pouvoir pivoter davantage le siège vers la droite. Nous apprécions le faible niveau sonore ainsi que la bonne visibilité.

L’inverseur au volant sert également à piloter l'avancement du tracteur. Le frein de parking s’engage avec la gâchette orange. © P. Peeters
Les réglages auxiliaires du relevage, la sélection du régime de prise de force et les phares de travail sont pilotés depuis le montant arrière de la cabine. © P. Peeters
Ce bloc de commandes sert à régler les vitesses cibles et à basculer entre la conduite à la pédale et celle au joystick. © P. Peeters
Le 8732 S est équipé d’un attelage de catégorie 3 et d’un troisième point mécanique. © Cédric FAIMALI
L’accoudoir alterne les éléments modernes et des choix plus conservateurs, notamment pour l’accélérateur à main, le contrôle de profondeur et la prise de force. L’ergonomie est perfectible. © P. Peeters
La plupart des paramétrages peuvent être réalisés sur le petit écran logé dans le tableau de bord. © P.Peeters
Massey Ferguson a soigné la maintenance avec un filtre à air directement accessible à l'avant du capot. © Cédric FAIMALI
Un terminal qui redore le blason du Datatronic

Le terminal Datatronic 5 était attendu au tournant, tant son hérédité est lourde. Il faut rappeler en effet que, depuis une dizaine d’années, les différentes versions du Datatronic nous ont laissés sur notre faim lors des essais.

Mais avec la cinquième génération de ce terminal, Massey Ferguson est bien décidé à tourner la page des ordinateurs de bord capricieux. Le Datatronic 5 nous a séduits par son efficacité et ses possibilités. Cet écran tactile de 9 pouces comporte quatre touches et une molette sur le côté, très utiles pour naviguer dans les menus et régler les paramètres.

La dalle tactile est réactive et le démarrage de l’écran assez rapide. La page d’accueil offre de nombreuses informations sur les réglages préenregistrés pour le régime moteur et les vitesses d’avancement C1 et C2, la position des bras des deux relevages, les ponts et le régime de prise de force. Le chauffeur sait également en un coup d’œil quelles fonctions sont affectées aux deux boutons programmables du levier en croix, ainsi que le rôle de chaque distributeur. En effet, il est possible de renommer ces derniers et donc de connaître la fonction de chacun (dépliage, relevage du chariot, réglage de la profondeur…). Cette solution s’avère très pratique lorsqu’on change de chauffeur.

Pour accéder aux réglages du tracteur, il faut sélectionner le menu « burger » (3 lignes), en haut à droite. Les icônes sont les mêmes que sur les boutons de l’accoudoir et chaque paramètre est clairement explicité. C’est suffisamment rare sur les terminaux de tracteurs pour être mentionné. Il faut dire que le 8732 S est construit en France, ce qui le préserve des traductions approximatives, fréquentes chez ses concurrents. Nous avons apprécié le bouton latéral permettant de revenir à l’écran précédent, ainsi que la possibilité de restaurer les paramétrages d’usine pour certaines fonctions.

Pour le guidage, le Datatronic 5 propose une fonction inédite qui nous a immédiatement séduits. On pourrait baptiser cette solution « l’autoguidage pour les nuls ». En appuyant sur le bouton Go, le système assiste le chauffeur dans la programmation de la ligne A-B et la mise en route de l’autoguidage. Impossible de se tromper, même pour les plus réfractaires à la technologie.

Notons enfin la présence d’un second terminal en cabine, destiné aux fonctions Isobus.

L’aménagement de la cabine est le plus rustique du test, avec des éléments qui tiennent plus du tracteur de 120 ch que du modèle de forte puissance, en particulier pour les solutions de rangement et le capitonnage. © P. Peeters
L’écran d’accueil résume tous les réglages du tracteur. Il est possible d’indiquer la fonction de chaque distributeur, selon l’outil attelé. © P. Peeters
L’affichage du guidage est sobre et basique. Le point fort du Datatronic 5 est la fonction Go, qui assiste totalement le chauffeur dans le paramétrage de l’autoguidage. © P. Peeters
Le 8732 S en chiffres

Moteur : 8,4 l AgcoPower

Puissance nominale : 290 ch

Puissance maximale : 320 ch

Empattement : 3,1 m

Pneumatiques avant : IF 620/75 R 30

Pneumatiques arrière : VF 650/85 R 42

Le récap
Les points positifs
  • Joystick complet.

  • Terminal clair et efficace.

  • Rapport performance/prix.

Les points négatifs
  • Deux rapports mécaniques.

  • Un bouton pour passer du mode joystick au mode pédale.

  • Combinaisons à réaliser pour déverrouiller certaines fonctions.

Un joystick classique et complet

Le joystick qui équipe notre 8732 S est bien connu puisqu’il prend place dans les tracteurs haut de gamme Massey Ferguson depuis plus de cinq ans. Il arbore une forme classique en corolle et un air un peu rétro. D’un diamètre plus faible que ses concurrents, il offre une bonne prise en main. Sur la face avant, Massey Ferguson regroupe toutes les commandes utiles, à savoir un régime moteur, deux vitesses d’avancement, un distributeur électrohydraulique avec la position flottante, le relevage et la prise de force. L’inverseur et l’engagement de la séquence de bout de champ sont placés un peu plus bas et ne risquent donc pas d’être activés par erreur. Pour le relevage, nous apprécions la présence d’un bouton neutre, qui permet d’arrêter le mouvement des bras. Un indicateur lumineux signale que le distributeur est en flottant. Il nous manque un bouton pour l’engagement de l’autoguidage. Il est toutefois possible d’activer cette fonction avec celui dédié à la séquence de fourrières, s’il n’y en a aucune dans le terminal. Enfin, le joystick ne comporte pas de bouton personnalisable mais la plupart des commandes peuvent être configurées pour l’Isobus.

Toutes les commandes essentielles sont regroupées sur le joystick et clairement identifiées par un code couleur et un pictogramme. © P.Peeters
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Cet article est paru dans La France Agricole

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