Le secteur du pneumatique est l’un des plus innovants du machinisme agricole. Un premier virage a été pris il y a quelques années avec le développement des carcasses IF et VF. Mais la prochaine génération est déjà prête à partir à la conquête des champs. La même idée guide toujours le développement  : être performant et en sécurité sur la route comme au champ, tout en limitant le matraquage des sols.

Le pneu deux-en-un

Michelin pense avoir trouvé la martingale du pneu polyvalent avec son EvoBib. Conçu pour être intégré à des jantes référencées standard, le pneu pourra recevoir une pression de 0,6 bar aux champs et de 1,6 bar sur route en consigne nominale. Il offrira alors deux surfaces de contact différentes. Cela est dû à un « effet charnière » intégré à la carcasse.

 À basse pression, la bande de roulement se déploie en tournant les blocs épaule vers le bas, jusqu’à reposer à même le sol. La surface de contact du pneu avec le sol augmente alors en largeur et en longueur. Le but est d’améliorer la traction et de réduire la compaction du sol. À pression plus élevée, sur route, seule la partie centrale doit entrer en contact avec le sol. La sculpture est alors portée par la ceinture sommet. L’objectif, cette fois, est de rechercher une économie de carburant, d’améliorer la sécurité et le confort de conduite. Quant à l’usure potentiellement différente sur la largeur de la bande de roulement, liée par exemple à un déséquilibre dans le ratio d’utilisation route/champs, Michelin assure que le pneu, en développement depuis plus de trois ans, est optimisé pour s’user uniformément. Taillé pour le télégonflage, il est annoncé dans un premier temps en deux tailles  : VF 710/70 R 42 à l’arrière et VF 600/70 R 30 pour l’essieu avant. Aucun tarif n’est annoncé pour le moment mais l’objectif de Michelin est d’être en mesure de le proposer en première monte sur les tracteurs haut de gamme.

Un compromis entre pneu et chenille

Les chenilles concurrencent de plus en plus les pneumatiques, notamment quand ces derniers arrivent en limite de leur capacité de traction ou réalisent trop de dommages au sol. Trelleborg résiste à la percée des chenilles avec un pneumatique radial qui combine les avantages des deux solutions. Projet conçu par Mitas puis intégré au groupe suédois après le rachat du manufacturier tchèque, le PneuTrac a bénéficié de développements supplémentaires pour aboutir à une version commercialisable. Il est conçu pour réduire la pression au sol, tout en maintenant une performance semblable à celle des pneumatiques basse pression en pentes ou sur terrains meubles et en limitant les temps morts liés au télégonflage. Grâce à la forme en Omega du flanc, le pneu bénéficie d’une grande flexibilité, générant une empreinte très large qui minimise le tassement du sol tout en supportant des charges élevées. Le PneuTrac est pour le moment disponible sur des tracteurs spécialisés.

Des pissenlits dans vos pneus

Pour un manufacturier, la composition d’un pneu est un secret bien gardé. Impossible d’obtenir des informations techniques précises sur la composition de la gomme, à part son origine  : le caoutchouc naturel, à partir de l’hévéa, ou synthétique, en utilisant des hydrocarbures fossiles. Le manufacturier indien BKT explore une troisième voie et vient de lancer un programme de recherche pour fabriquer des pneus à partir de caoutchouc de pissenlit TKS (pissenlit russe). L’expérimentation sera réalisée dans son centre de recherche de Buhj, en collaboration avec Kultevat, une société américaine. BKT commencera par une série d’études afin d’évaluer les performances du caoutchouc de pissenlit sur le comportement du pneumatique une fois exposé au stress mécanique, sa résistance à la fatigue, aux déchirures et à la traction. L’objectif affiché n’est pas nécessairement l’amélioration de la performance mais l’emploi d’une alternative plus écologique et potentiellement moins coûteuse.