La télédétection, qu’il s’agisse d’images satellites, de vues prises d’avion ou de drone, offre la possibilité de gérer et suivre les pratiques agricoles à l’échelle intra-parcellaire.

L’application la plus connue des agriculteurs est l’outil d’aide à la décision (OAD), qui apporte un appui à la modulation de la fertilisation, en particulier azotée. De nouvelles applications sont aussi en développement pour les traitements, les régulateurs de croissance et le pilotage des prairies. Alors que les images disponibles sont de plus en plus nombreuses, performantes et parfois gratuites, il existe encore peu d’OAD basés sur la télédétection. C’est toutefois le cas du leader de ce marché, Farmstar. Développée dans les années 1990 par Arvalis-Institut du végétal et Airbus, cette solution combine images satellites et observations agronomiques pour aider les agriculteurs dans la gestion de leurs apports d’engrais et de régulateurs de croissance.

Longtemps cantonné à la livraison d’un conseil basé sur une seule observation, adapté au dernier apport d’azote, l’OAD fait peau neuve cette année pour proposer une mise à jour quotidienne du déficit en azote sur tout le cycle de la culture. Il prend également en charge davantage de facteurs comme la variabilité du sol et le potentiel de rendement.

Modéliser la croissance

L’OAD est basé sur le modèle de culture CHN d’Arvalis, qui modélise l’ensemble des flux de carbone, eau et azote entre le sol, la culture et l’atmosphère. Il est ainsi possible de simuler la croissance des plantes en prenant en compte les facteurs limitants en temps réel et par anticipation. L’OAD Farmstar Neo est capable de réaliser le suivi dynamique de la croissance des plantes et d’évaluer le risque de verse. Pour chaque intervention, une carte de modulation peut être générée pour les agriculteurs qui souhaitent piloter les apports au niveau intraparcellaire.

Pilotage de l’irrigation

La télédétection présente également un intérêt encore largement sous-exploité pour la gestion de l’eau. Le projet Maiseo, qui s’est déroulé entre 2012 et 2017, visait à réduire de 20 % la consommation d’eau d’une culture de maïs. Les chercheurs de l’université Paul-Sabatier de Toulouse (Haute-Garonne), impliqués dans le projet, ont utilisé les images satellitaires pour évaluer le stress hydrique. Toujours à partir de cette donnée­,­ l’application web Sat-IRR, disponible dans le sud-ouest de la France et dans certains pays du pourtour méditerranéen, est un OAD à disposition des irrigants des zones régulièrement touchées­ par la sécheresse.

L’agriculteur renseigne les informations concernant son sol, la culture en place, ainsi que le dispositif d’irrigation. En parallèle, le logiciel compile les données­ d’observation des satellites et les informations des stations météo pendant un an, puis calcule le bilan hydrique. Avec toutes ces informations, l’outil d’aide à la décision est ensuite capable de fournir des préconisations d’irrigation pour la campagne suivante.

Estimer le rendement

L’estimation du rendement de la récolte plusieurs mois avant la moisson est une information précieuse pour organiser le stockage et se positionner sur les marchés. Pour le moment, seules l’expérience et l’observation permettent de réaliser une estimation, qui n’est pas toujours confirmée lors des premiers tours de batteuse.

Des chercheurs de l’université d’Illinois (États-Unis) ont eu l’idée d’utiliser des satellites pour augmenter la fiabilité de cette prévision. Le dispositif est basé sur la mesure de la réflectance, c’est-à-dire la quantité de lumière renvoyée depuis la terre. À partir de cette information, il est possible de déduire l’indice foliaire. L’utilisation simultanée de deux satellites permet d’obtenir des résultats avec une précision de 3 à 30 mètres, selon les conditions atmosphériques.

La nouvelle offre Farmstar fournira des images quotidiennes avec un calcul du déficit en azote de chaque parcelle. © Farmstar
L’utilisation la plus experte de l’OAD est la modulation intraparcellaire. Elle implique de disposer d’un pulvérisateur et d’un distributeur d’engrais de haut de gamme. © BeApi