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Dossier Les éleveurs toujours dans l’attente de jours meilleurs

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Étroitement liés à la filière du jeune bovin, les cours des broutards français n’ont pas tenu le choc. Depuis juillet 2020, les opérateurs peinent à entrevoir une éclaircie.

Alors que les naisseurs français espéraient être épargnés, le cours du jeune bovin, fortement dégradé en raison de la crise de la Covid-19, avait fini par entraîner dans son sillage la cotation du broutard à la mi-juillet. Et tandis que les flux vers l’Italie se maintenaient (lire p. 46), l’effondrement des prix des bovins maigres avait suscité l’incompréhension et la colère chez les éleveurs. Le 12 octobre, l’appel du Berceau des races à viande du Massif central à retenir les animaux en ferme avait décidé le ministre de l’Agriculture, quelques jours plus tard, à réunir en urgence les groupes d’exportateurs et la Fédération nationale­ bovine. « Une concertation qui, malheureusement, n’a abouti à aucune solution concrète de court et moyen terme visant à revaloriser le prix payé aux éleveurs », avait déploré l’association­ spécialisée de la FNSEA, le 11 décembre, à la suite d’une secon­de rencontre.

« Il n’y a pas de solution unique, cela se fera par l’addition de petits efforts », estime Michel Fénéon, directeur administratif et financier d’Eurofeder. Parmi les pistes envisagées figurent la vaccination des animaux avant leur départ ou le lissage de la production. La commission « commerce extérieur » d’Interbev a également décidé de renforcer les actions de communication sur le vif au Maghreb.

« Grande braderie »

« La grande distribution doit aussi accepter de faire des concessions sur sa marge et se rendre compte qu’aujourd’hui les éleveurs n’ont plus les moyens de tout supporter », ajoute Stéphane Philibert, directeur de Parma Charolais. L’année dernière, la filiale de Parma France, société d’export de bétail maigre vers l’Italie, avait réduit de 5 à 7 % son activité. « À un moment donné, les cours descendaient trop bas et nous ne voulions pas prendre part à la grande braderie pour expédier les bêtes à tout prix, explique Stéphane Philibert. Les écarts de prix atteignaient 15 à 20 centimes par rapport à la conjoncture habituelle. Nous avons alors restreint notre champ d’approvisionnement et donné priorité à nos fournisseurs les plus fidèles. »

Les prix des mâles restent en berne

Depuis le début d’année, « les cours des mâles, bien qu’ils viennent d’entamer une hausse plus marquée, restent très bas », analysent Ilona Blanquet et Alix Gérardin, de l’Idele. En semaine 12 (du 22 au 28 mars 2021), la cotation du charolais U de 450 kg, établie à 2,33 €/kg vif, reste inférieure de 13 centimes à son niveau de 2020 (- 5 %). À 2,34 €/kg, le cours du croisé R de 300 kg est en repli de 8 %. Le limousin E de 350 kg cotait 2,77 €/kg, soit 2 % de moins qu’en 2020. La remontée saisonnière du prix du charolais U de 350 kg, à 2,57 €/kg en semaine 12, est également plus tardive que les années précédentes. « Les acheteurs mettent en avant la hausse du prix des aliments du bétail quand les prix des jeunes bovins peinent à retrouver les niveaux des années passées en France et en Italie », reprennent les expertes. En Italie, « les opérateurs affirment que l’engraissement d’un baby va leur coûter 60 € plus cher, soit l’équivalent de la prime à l’abattage qu’ils perçoivent », souligne Michel Fénéon, d’Eurofeder.

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