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Dossier Les bons réflexes pour faire durer ses vaches laitières

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Un vêlage précoce assorti d’une ration exclusivement à base d’herbe semble pénaliser la longévité des prim’holsteins les plus productives. © Luc Delaby/Inrae

La génétique n’est souvent pas suffisante pour prévenir les réformes précoces. Certains prérequis sur la conduite permettent d’accroître la longévité des laitières.

Tout est dans l’anticipation. « Pour faire vieillir ses vaches, il faut être conscient des risques inhérents à son système, résume Nathalie Bareille, professeure à l’école vétérinaire de Nantes (Oniris). Avec des logettes, il est intéressant d’axer la sélection sur les fonctionnels et la reproduction. En aire paillée, la priorité sera donnée aux mammites. » Une fois le potentiel génétique assuré, la conduite doit permettre sa pleine expression.

Adapter sa stratégie

Afin de prévenir les réformes liées aux boiteries, « la propreté des pattes et un parage au moins annuel » permettent de limiter les risques. « Le pâturage n’est pas une garantie zéro boiterie, souligne la spécialiste. La vigilance reste de mise, surtout avec des chemins caillouteux. »

Sur le volet de la prévention des mammites, « couper la chaîne de transmission avec une bonne désinfection des manchons trayeurs » est essentiel. « Il convient également de contenir l’humidité dans le bâtiment et d’éviter les zones de rassemblement en pâtures. »

Enfin, « limiter le déficit énergétique en début de lactation est une des clés pour réduire les cas d’infertilité (1) », indique Nathalie Bareille.

L’étude « Quelle vache pour quel système », réalisée entre 2006 et 2020 à l’Inrae du Pin en Normandie, a permis de suivre 314 laitières conduites selon diverses stratégies, de leur première lactation à leur réforme. Parmi elles, seule la moitié des prim’holsteins sont passées en seconde lactation contre presque les deux tiers pour les normandes. « Nous avions une forte contrainte sur la reproduction, avec des vêlages groupés sur l’hiver, précise Luc Delaby, de l’Inrae. Cela pénalise la holstein, longtemps sélectionnée sur la production, au détriment de l’aptitude à se reproduire en temps limité. »

Mais ces moyennes cachent de fortes disparités intrarace. Avec un premier vêlage à 3 ans et une ration hivernale riche (maïs, luzerne, concentrés), plus de 60 % des prim’holsteins sont passées en seconde lactation. « En vêlage précoce, une holstein va produire beaucoup mais avec une capacité d’ingestion moindre, ce qui peut mettre à mal ses fonctions de reproduction, explique Luc Delaby. Si l’on ajoute à cela une ration à base d’herbe, la donne s’aggrave. L’alimentation doit suivre le potentiel de production des primipares. »

En race normande, sur un premier vêlage à deux ans, « les vaches vont produire moins de lait et prioriser les fonctions croissance et reproduction. »

Une fois la longévité optimisée, « il convient de garder un matelas de sécurité sur le renouvellement, autour de 25-30 %, pour ne pas avoir à acheter de génisses en cas de réforme imprévue, car cela constitue un risque sanitaire », conclut Nathalie Bareille.

(1) Lire le dossier paru dans La France agricole n° 3874 du 23 octobre 2020, page 46.

Pas de vache « Kleenex »

Au-delà de la prévention des réformes subies, il convient de ne pas laisser les génisses pousser les mères vers la sortie. « Avec l’avènement du sexage et du génotypage, les éleveurs ont tendance à garder trop de génisses et ne mettent plus les moyens pour soigner les multipares, qui deviennent des vaches Kleenex, estime Nathalie Bareille. La génétique a un coût et ne pas laisser le temps au potentiel de s’exprimer représente une perte nette. »

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