«La réussite économique n’est pas liée à la typologie de l’exploitation (taille, circuit de dis­tribution…), mais plutôt à sa capacité organisationnelle », assure Sébastien Bruand, secrétaire national légumes de la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab). Selon l’Agence bio, en 2019, les surfaces de légumes frais cultivées en agriculture biologique atteignaient 34 668 hectares, soit une hausse de 20 % sur un an. « La dynamique d’installation en maraîchage biologique est importante et la demande est très forte », poursuit Sébastien Bruand.

Un marché incertain

La filière surveille de près le marché. « Jusqu’en 2019, les données indiquent une progression. 2020 a été une année particulière et tend à montrer des niveaux de cours plus bas pour plusieurs produits bio, rapporte Isabelle­ Jusserand, du service économie d’Interfel. Nous n’avons pas aujourd’hui le recul pour savoir si cela va durer ou si c’est plutôt lié à des facteurs conjoncturels. Comme du lait sur le feu, il faudra suivre les évolutions. »

L’entrée en vigueur, en janvier 2022, des mesures de la loi Egalim pour la restauration collective, qui prévoient 20 % de produits bio dans les cantines, permettrait aux filières de se développer. « Face à la montée en puissance des démarches telles que HVE ou “Zéro résidus de pesticide”, qui, avec le bio, répondent à des attentes sociétales et environnementales, nous cherchons à étudier finement la bonne adéquation de ces diverses offres avec la demande », ajoute la spécialiste­.

J. Papin et S. Bergot

Témoignage
« J’ai décidé d’investir dans la vente directe » Fabien Frémin, maraîcher bio dans les Yvelines

« J’exploite depuis 2008 une vingtaine d’hectares en maraîchage bio diversifié. Dès 2015, j’ai senti un changement d’orientation sur la vente en gros, une pression pour être compétitif, ce qui m’a poussé à développer la vente directe. Aujourd’hui, je vends 30 % de ma production à la coopérative, et le reste sur les marchés et via la boutique de la ferme. Les deux débouchés restent cependant complémentaires : ils me permettent de gérer les stocks et d’éviter de jeter, car en vente directe il est difficile de faire coller l’offre à la demande. Le prix est plus faible en coopérative, mais je peux faire du volume et les marges sont similaires par rapport à la vente directe. La main-d’œuvre représente en effet une charge importante. Sur un marché, j’estime que 30 % du chiffre d’affaires part pour la commercialisation (camionnette, balance, et surtout vendeurs). »