Il est plus commun, dans l’Oise, de voir des champs de céréales, de betteraves et de colza que de tournesol. C’est pourtant vers cette dernière culture que s’est tourné, cette année, Hervé Davesne. Cet agriculteur exploite 260 hectares au Fay-Saint-Quentin (Oise), sur des sols de limons battants superficiels.

Il en a implanté une parcelle de 18 ha au printemps, sous contrat avec sa coopérative Agora, afin de diversifier son assolement et de limiter les impasses de désherbage­ en céréales d’hiver. « Mon objectif est de ne plus faire de blé sur blé, trop gourmand en azote et en fongicides, explique-t-il. Jusqu’en 2018, ce système représentait la moitié de ma sole. » Hervé Davesne voulait aussi réduire le colza, une culture de plus en plus contraignante selon lui. « L’implantation est souvent compliquée avec le sec, il y a beaucoup de problèmes de gestion des altises et il faut une surveillance permanente », pointe le jeune exploitant. Concernant le tournesol, celui-ci se dit satisfait des résultats obtenus : mi-septembre, 33 q/ha ont été récoltés à 8,5 % d’humidité. « Ma marge brute atteint 670 €/ha hors DPU », chiffre-t-il. En comparaison, elle est de 530 €/ha en colza, 500 €/ha en betteraves et 590 €/ha en maïs, une culture qu’il a introduite l’année dernière.

50 cm d’écartement

La variété précoce RGT Rivollia a été implantée début avril avec un semoir monograine à 50 cm d’écartement, comme pour le colza, le maïs et les betteraves. « Je n’ai qu’un seul semoir et une seule bineuse », se félicite le producteur. La culture démarre assez vite dès lors que les températures grimpent­ et que l’humidité est suffisante. Il a tenté un binage mais le stade était dépassé et le tournesol trop haut quand les conditions pour sortir l’outil étaient optimales.

La plante n’est pas gourmande en temps de travail. Quant aux charges opérationnelles, elles sont minimes : les semences (pour atteindre 80 000 pieds/ha), un herbicide (Dakota à 2 l/ha), l’azote (80 U/ha en liquide) et l’engrais de fond (500 kg/ha de PK). Pas besoin de fongicide ni d’insecticide.

En 2020, Hervé Davesne va augmenter sa surface de tournesol de 6 ha à la place d’une parcelle de betteraves. « Le coût de production de cette dernière est élevé, le désherbage est compliqué, il faut désormais faire sans les traitements de semences, et les prix baissent », détaille-t-il. Ses champs de tournesol accueilleront même une vingtaine de ruches.

isabelle escoffier

Hervé Davesne a investi 60 000 euros dans un bec cueilleur (dix rangs, marque Capello) pour récolter le tournesol et le maïs. © Isabelle Escoffier
L’opérateur
« Un débouché oléique » Guillaume Paepegaey, responsable des céréales chez Agora

« Nous proposons des contrats de tournesol oléique depuis sept ans, à 370 €/t cette année. Les graines partent pour la trituration en Belgique. Il y a eu une belle progression en 2019, avec 750 t collectées par la coopérative, du fait des retournements de colzas à l’automne 2018 à cause du sec. Mais cela reste minime, même si c’est une alternative possible ici, surtout pour gérer le salissement des parcelles. Il se vend bien par rapport à d’autres cultures plus exotiques, comme le sarrasin. Toutefois, il y a beaucoup de dégâts d’oiseaux, concentrés sur ces faibles surfaces. Et attention aux graines dans les orges de brasserie. »

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