Assurer une production en adéquation avec son système fourrager et répondre aux attentes de la filière biologique, tel est le leitmotiv de Jérôme Maugeais, éleveur d’une quarantaine de vaches charolaises à Bécon-les-Granits, dans le Maine-et-Loire.

Valoriser l’herbe offerte

Installé hors cadre familial en 2000, Jérôme transite pas à pas de la production conventionnelle de maigre à la finition de vaches et de bœufs en agriculture biologique (AB). « Soumis à un contexte pédoclimatique peu propice, la conversion en AB m’a semblé évidente. Sur un total de 85 hectares, 90 % de mes surfaces sont dédiées à l’herbe », appuie l’exploitant.

Pour garantir un engraissement à moindre coût, l’autonomie alimentaire est assurée. Seule la paille affectée à la litière est achetée à l’extérieur. En groupant les vêlages au printemps, Jérôme économise ses ressources en paille et maximise la croissance des veaux à la mise à l’herbe. « Ces derniers ne reçoivent aucune complémentation jusqu’au sevrage », précise-t-il. Les lots, conduits en pâturage tournant de mars à fin juillet, se répartissent sur des prairies de 1,2 à 1,3 ha à flore variée, composée de trèfle blanc ou hybride, de ray-grass anglais et de fétuque. Parallèlement, Jérôme réalise une coupe précoce d’enrubannage et une coupe de foin au printemps.

En alternance des prairies, l’exploitant consacre 10 ha aux mélanges céréaliers. La culture combinée de triticale, avoine, seigle, pois fourrager et féverole est moissonnée en juillet et broyée sur place. Les rendements moyens 30 à 35 q/ha assurent la complémentation du troupeau durant la phase hivernale.

Jérôme valorise tous ses mâles en bœufs. Sevrés entre 7 et 9 mois, ils passent l’hiver en bâtiment. Au menu : foin à volonté, 3 à 4 kg de MS d’enrubannage et 2 à 2,5 kg d’aliment fermier. Une fois le premier hiver achevé, les bœufs sont mis à l’herbe et y restent jusqu’à l’abattage. « Hormis un appoint en foin, la plupart des bœufs sont exclusivement finis à l’herbe jusqu’à l’âge de 30 mois lorsque les conditions sont favorables », rapporte l’éleveur. Pour un poids moyen de 432,5 kg carcasse (kgc) et une conformation R =/R +, les animaux sont valorisés 4,59 €/kg chez Unébio.

Taux de finition de 100 %

Du côté des femelles, toutes les réformes âgées de 7 à 9 ans sont engraissées. Leur durée de finition oscille de 70 à 90 jours, l’objectif étant d’atteindre un poids moyen de 400 à 450 kgc et une note d’état corporelle de 3. « Si elles reçoivent de l’enrubannage à volonté et 4 kg d’aliment l’hiver, elles sont finies à l’herbe dès que la portance du sol le permet », indique Jérôme. L’an passé, les vaches ont été vendues à un prix moyen de 4,47 €/kg. « Et elles ne me coûtent pas cher à produire », sourit l’éleveur au milieu de ses charolaises.

Expert
« La finition en bio est à la portée de tous » Christophe Grosbois, référent en bio du pôle des ruminants, chargé de mission pour la viande bovine à la chambre d’agriculture des Pays de la Loire

« En agriculture biologique, la part de concentrés ne doit pas dépasser 40 % de la matière sèche (MS) ingérée journalière. C’est pourquoi la gestion du système fourrager occupe une place prépondérante dans l’engraissement des bovins. Choisir des prairies à flore variée pour des terres à faible potentiel est judicieux. En alternance pâturage-fauche, le mélange de trèfle, de ray-grass et de fétuque est particulièrement adapté. Quant à la complémentation, les mélanges céréales-protéagineux (triticale, avoine, pois, vesce) présentent un bon compromis en phase de finition. Miser sur un semis des protéagineux sous couvert des céréales augmente les chances de réussite. À l’échelle du système, les surfaces fourragères et céréalières consommées doivent se limiter à un hectare par UGB.

Une fois l’autonomie alimentaire du cheptel maîtrisée, d’autres leviers peuvent être actionnés pour réduire ses coûts. Augmenter la productivité de la main-d’œuvre (kg de viande vive par UMO) constitue la première variable d’ajustement. Concernant les autres charges, la mécanisation représente un poste de dépenses élevé. Travailler sa stratégie d’équipement est un pari toujours gagnant. Enfin, maximiser son taux de finition contribue à améliorer la rentabilité de son système naisseur engraisseur. »

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