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Dossier Le frêne, une ressource fourragère aussi

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Les frênes et les noisetiers sont les essences préférées des animaux. © S. Monier

Il était de coutume de distribuer les feuilles des frênes lors des années de sécheresse dans les fermes du Massif central.

«J’ai compté près de 700 frênes sur 3,5 km de haies dans une exploitation du Cantal », rapporte Sylvie Monnier, de la Mission haies et fourrages d’Auvergne-Rhône-Alpes (Aura). Souvent les exploitants n’ont pas conscience de leur « richesse » car il est possible de valoriser la production des feuilles de ces arbres dans l’alimentation des troupeaux. « Une tradition perdure dans quelques fermes du Massif central », ajoute-t-elle.

30 à 90 kg de MS par arbre et par an

Une étude conduite en 2019 a permis de mesurer la quantité de fourrage exploitable sur des frênes âgés de 25 à 30 ans. « Les animaux sont friands aussi bien de la feuille que de l’élongation de la tige qui correspond à la pousse annuelle », décrit-elle. Cette partie tendre peut mesurer jusqu’à 1 cm de diamètre. Dans un alignement dense, où les arbres sont présents tous les 5 m, le feuillage disponible est plus modéré que lorsque l’espacement des arbres est plus important (10 m).

« Ainsi, la production par frêne est d’environ 30 kg de MS par an de rameaux et de feuilles, précise l’experte. Cela permet d’alimenter 5 à 7 génisses pendant une journée. » Le frêne isolé peut produire deux à trois fois plus (jusqu’à 90 kg/an). D’autres mesures devraient éclairer sur l’importance de la production lorsque ces branchages sont coupés tous les ans. En effet, traditionnellement le recours à cette ration de survie au mois d’août était variable. Il ne se produisait que les années de sécheresse. L’impact de ces arbres est en tout cas bien plus large que la ration ; outre de l’ombre pour le bien-être des animaux, il joue un rôle positif sur la production de la prairie en l’abritant du vent notamment.

Comme un ensilage de maïs

« Les feuilles du frêne ont une valeur alimentaire équivalente à celle d’un ensilage de maïs », informe Sylvie Monier. D’une manière générale, tous les animaux, bovins, ovins ou caprins, apprécient les feuilles des arbres. Leurs essences préférées sont les noisetiers. Le prunelier noir (lorsque sa croissance est maîtrisée), l’érable champêtre ou le cornouiller sont bien mangés aussi, comme le frêne. Les feuilles de chênes, en revanche, ne sont pas celles qui remportent le plus de succès.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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