«Le drone a offert une retraite prématurée à mon chien de troupeau », plaisante Brett Sanders. Installé, dans le sud montagneux de la Nouvelle-Zélande, il élève 2 000 brebis mérinos sur une exploitation de 12 000 hectares. Brett est considéré comme le « pape » de l’élevage piloté par drone. Passionné par cet appareil, il a l’idée d’en utiliser un pour surveiller les troupeaux et repérer les brebis égarées. « Je me suis rendu compte que les brebis étaient perturbées par sa présence et qu’elles avaient tendance à le fuir. Depuis, je m’en sers pour pousser les animaux isolés vers le reste du troupeau et déplacer les lots au moment des regroupements. »

Un berger du ciel

En France, des éleveurs d’ovins et de bovins commencent à s’équiper de drones pour surveiller les troupeaux au pâturage. Le coût de l’engin, compris entre 1 000 et 3 000 euros selon les modèles, est un frein à la démocratisation de la solution en élevage. Toutefois, il est possible de faire l’acquisition d’un modèle d’occasion pour 300 à 500 euros.

C’est le cas de Nicolas Schneidermann, connu sur les réseaux sociaux comme le « berger du ciel ». Son drone acheté 500 euros lui permet de garder une vue d’ensemble sur son troupeau lorsque les brebis sont dispersées ou isolées. La technique trouve aussi ses adeptes parmi les éleveurs bovins. Mais beaucoup regrettent le bruit des pales, qui s’apparente à celui d’un essaim d’insectes et effraie cette espèce très sensible aux ultrasons. L’autre point faible pour la surveillance du troupeau est l’absence de zoom sur les caméras des drones dits « de loisir ». Difficile donc d’évaluer l’importance d’une blessure à distance, il faut encore se déplacer.

Les drones peuvent aussi jouer un rôle dans la protection des troupeaux. Lancée par Ludovic Dedieu, conseiller de la chambre d’agriculture de l’Ariège, l’initiative Air Patou vise à les utiliser en les adaptant pour favoriser le travail et la surveillance des éleveurs en estive.

D’autres solutions sont en test, comme des caméras thermiques montées sur des drones, pour contrôler l’activité du troupeau durant la nuit et repérer la présence d’éventuels prédateurs. Là, le berger doit être à proximitépour être en mesure de changer très régulièrement les batteries du drone, environ toutes les 10 minutes avec une caméra thermique.