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Dossier Le désherbage, poste clé pour la betterave

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 - Le désherbage, poste clé pour la betterave
© Cédric Faimali/GFA

Le coût de la main-d’œuvre pour gérer les adventices joue beaucoup sur la rentabilité de la betterave bio sucrière.

«Il peut y avoir de la rentabilité en betterave bio, mais elle nécessite une grande disponibilité, ainsi qu’une bonne maîtrise technique », estime Nicolas Rialland, expert environnement à la CGB (1). La rentabilité de la culture, bien que payée aux producteurs à des niveaux qui sont environ trois fois plus élevés qu’en conventionnel, n’est donc pas certaine.

La principale problématique provient du désherbage. « Il y a un équilibre à trouver entre le coût de la main-d’œuvre, qui peut varier du simple au quadruple en fonction des conditions, et le gain potentiel de rendement », explique-t-il. La betterave est très sensible à la concurrence sur le rang. Son rendement peut aller de 0 à 60-65 t/ha, avec une moyenne de 40-50 t/ha. En avril 2020, le Comité technique régional des Hauts-de-France a fait une estimation des charges de la culture. Avec une hypothèse basse de 50 heures/ha de désherbage manuel, les charges totales (incluant semences, fertilisation…) se portent à 2 000 €/ha. En hypothèse haute (150 heures/ha), celles-ci montent à 3 800 €/ha.

H.P.

(1) Confédération nationale des planteurs
de betteraves.

Dynamique européenne

À en croire une étude de l’ARTB (1) publiée en septembre 2020, « le développement du segment de marché du sucre bio européen est indéniable », même s’il reste une niche, comparé au sucre conventionnel.  Traditionnellement alimenté par les importations de sucre de canne biologique, ce segment de marché devient de plus en plus attractif pour les grandes sociétés sucrières européennes, qui ont multiplié les initiatives et les investissements dans le développement du sucre de betterave biologique », indique l’ARTB. En 2018, l’Union européenne a importé près de 167 000 tonnes de sucre bio.

Si l’Allemagne, l’Autriche ou la Suisse en produisaient déjà en 2015, la première campagne de transformation française a eu lieu en 2019. Tereos a engagé la sucrerie d’Attin (Pas-de-Calais-), et Cristal Union celle de Corbeilles en Gâtinais (Loiret).

(1) Association de recherche technique betteravière.

Témoignage
« Optimiser tout le cycle pour limiter le recours à la main-d’œuvre » Arnaud Rousselat, agriculteur à Aillant-sur-Tholon (Yonne)

« L’agriculture biologique, dans laquelle je suis engagé depuis 2018, est technique, et c’est très motivant !

Tout est une question d’équilibre à trouver entre technique et économique, risque et rendement.

La maîtrise de l’enherbement des betteraves se raisonne tout au long de la culture, et dès la préparation du lit de semence. Une levée rapide facilite le binage et permet de limiter le recours à la main-d’œuvre, qui coûte cher. Plus on peut mécaniser le désherbage, mieux c’est. Concernant le désherbage manuel, je fixe une limite de 35 heures/ha, seuil au-delà duquel j’estime que ce n’est plus intéressant d’un point de vue économique. Pour la respecter, je demande aux saisonniers de ne pas arracher toutes les adventices, mais seulement les espèces les plus impactantes pour le rendement.

Par ailleurs, je priorise le désherbage des betteraves par rapport à des interventions sur d’autres cultures. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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