« En TCS depuis douze ans, il n’y a plus de charrue sur notre exploitation », précise Étienne Noyau, en Gaec avec son frère et sa belle-sœur à Nourray (Loir-et-Cher). En matière de gestion des adventices, graminées en tête, il reste très attentif et réactif. Il compte sur un arsenal de méthodes alternatives, parmi lesquelles l’allongement et la diversification de la rotation à l’aide de cultures de printemps prennent une place primordiale. L’idée : désorienter la mauvaise herbe. Avec ce levier, vulpins et bromes, qui lèvent à l’automne, ne sont quasiment plus problématiques. Toutefois, le ray-grass pose toujours ponctuellement des soucis car il lève toute l’année et nécessite de s’adapter sans cesse.

« Derrière un blé, j’implante, en présence de ray-grass, deux cultures de printemps avec des dates de semis différentes, comme du lin en mars la première année, puis du millet en mai, informe-t-il. Dans le même registre, je m’efforce de retarder les semis de blé tendre entre le 20 octobre et début novembre. Et lorsque les parcelles sont sales, je les moissonne en dernier puis nettoie consciencieusement le matériel. » Cela permet de réduire la pression des adventices. En revanche, compte tenu du climat sec, ces dernières années, les faux semis n’ont pas été couronnés de succès.

À 90 % drainé

« En complément, je porte une attention toute particulière aux herbicides utilisés au cours de la rotation en alternant les modes d’action, ajoute Étienne. Cependant, les spécialités disponibles tendent à diminuer et les herbicides comportent de plus en plus de restrictions d’utilisation qui complexifient notre travail. » En présence d’obligation de mise en place de DVP (dispositif végétalisé permanent), ce qui concerne seulement deux de ses parcelles, il n’emploie pas les produits concernés et mise si besoin sur les méthodes alternatives. En revanche, avec 90 % de ses terres drainées, la liste des herbicides interdits à l’automne sur blé ne cesse de s’accroître. Et dans un avenir très proche, il ne restera peut-être plus rien, d’où l’intérêt de posséder du matériel de désherbage mécanique.

Une houe rotative et une herse étrille de 12 m (achetée avec un autre agriculteur) sont déjà disponibles sur l’exploitation. « Nous testons cette dernière depuis quelque temps, mais cela reste plus pointu que de se servir d’un pulvérisateur », juge l’agriculteur. Il faut notamment augmenter la densité de semis de 15 %, implanter un peu plus profondément et intervenir 96 heures après le semis, tout en s’assurant qu’il n’y aura pas de pluies dans les 48 heures qui suivent. En outre, le Gaec a décidé, dans ces conditions, d’investir dans le futur achat d’une bineuse avec caméra (en attente d’aides dans le cadre d’un PCAE). « Les cultures devront avoir un écartement de 25 cm et une densité légèrement supérieure sur la ligne. Toutefois, s’il faut toujours 48 heures de beau temps derrière le passage, la plage pour intervenir sera plus large (fin tallage du blé par exemple) », conclut Étienne Noyau.