Fin 2016, un espoir de sortie de crise se dessine avec le ralentissement de la collecte européenne, amorcé cet été. Il entraîne un regain de tension sur les cours des produits industriels, dont certains ont flambé en quelques semaines. Face à des prix payés aux éleveurs extrêmement bas (voir page 44) depuis deux ans, le reflux de la production est désormais engagé dans tous les États membres, à l’exception des Pays-Bas. Mais l’inversion de tendance qui se profile redonne déjà des ailes à certains, et les réformes de vaches laitières, qui allaient bon train depuis l’été, ont chuté ces dernières semaines… L’Europe a donné le tempo à la planète. Sur les neuf premiers mois de l’année, le volume mondial ne progresse « que » de 0,5 % par rapport à 2015, mais les cours très bas ont impacté tous les pays, aggravés par les phénomènes climatiques : pluies diluviennes en Nouvelle-Zélande, El Niño en Amérique latine…

Les fabrications européennes ont suivi la hausse de collecte. Mais le marché intérieur étant saturé, cet excédent doit être écoulé vers les pays tiers, malgré un marché russe fermé et nombre de clients impactés par les cours bas du pétrole. Si les matières grasses ont de nouveau la cote, il n’en va pas de même pour les protéines. Sur les neuf premiers mois, les exportations des cinq principaux producteurs mondiaux se sont accrues de 9 % en beurre et de 5 % en fromages, tandis qu’elles reculaient de 7 % pour la poudre écrémée et de 1,6 % pour la poudre grasse. L’Europe s’en sort plutôt bien, en particulier pour le beurre (+ 30 %) et les fromages (+ 14 %).

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