«J'avais très peu de temps pour m'occuper de la vente de mes asperges, alors quand j'ai entendu parler de ces distributeurs automatiques, l'idée m'a tout de suite intéressée», raconte Nicole Muller, installée sur 30 hectares depuis 2000 à Griesheim-sur-Souffel, dans le Bas-Rhin.

Elle a acheté son distributeur en mai 2008 et y vend ses asperges, ainsi que des fruits et légumes de saison qu'elle produit sur une parcelle de 25 ares. «Ce système m'a soulagée en période de forte charge de travail et maintenant c'est une véritable satisfaction que de pouvoir proposer mes produits à la vente sur place.»

Nicole Muller a choisi d'acquérir un distributeur automatique à casiers pour continuer la vente directe sans avoir à y passer trop de temps. L'investissement s'élève à environ 5.500 euros pour une machine de seize casiers acceptant les pièces et les billets.

Elle fonctionne avec une batterie alimentée par un capteur solaire. « Cela évite les accidents avec une rallonge qui traîne dans la cour », précise-t-elle.

Elle cultive un peu plus de un hectare d'asperges et vend 5 % de sa production sur son site d'exploitation via son distributeur et le reste à une coopérative. Afin de rentabiliser la machine le reste de l'année et de fidéliser sa clientèle, elle a décidé de vendre les productions de son «jardin».

Selon la saison, le distributeur contient des fruits (fraises, framboises, cerises, mirabelles…), des légumes (carottes, pommes de terre, poireaux, choux…) et même des confitures ou des petits gâteaux alsaciens pour la période de Noël.

«Je me suis rendu compte que ce dispositif offrait des possibilités quasi illimitées et que si je pouvais mettre des fruits et légumes dans les casiers, je pouvais aussi bien y mettre autre chose !»

Les prix de vente varient de 1 à 5 euros selon le produit. «C'est pratique, les tarifs sont paramétrables pour chaque casier et je peux donc vendre des produits différents en même temps.»

Apprivoiser la machine a demandé un peu de temps et parfois quelques coups de fil à Didier Filbing, chez qui elle a acheté le distributeur (lire encadré). Mais toute la famille a finalement vite appris son fonctionnement et sait maintenant parfaitement s'en servir.

Une machine simple à prendre en main

A l'aide d'un menu affiché sur un écran, Nicole peut ouvrir les casiers vides, les recharger et fixer de nouveaux prix. En général, elle charge le distributeur le matin puis vient vérifier s'il manque quelque chose à midi ou quand elle a fini de s'occuper de ses génisses.

«Pour les asperges, c'est un peu plus compliqué car elles sont fragiles, explique- t-elle. Je les mets dans les casiers le matin, puis je les retire à midi pour les remplacer par des fraîches. Le soir, je vide le distributeur.»

En fin de compte, c'est la préparation des fruits et légumes qui prend le plus de temps, environ une demi-heure par jour. Les produits sont nettoyés puis conditionnés en barquettes, bottes ou sachets. «Pour les asperges, par exemple, je réalise des bottes de différentes tailles afin qu'il y en ait pour tous les goûts.»

L'entretien de la machine est facile car très succinct. «Il suffit juste de nettoyer les casiers, de recharger la batterie de temps en temps et éventuellement d'épousseter le capteur solaire.» La batterie a une durée de vie de six mois à deux ans. Elle se décharge lentement, car la machine se met en veille lorsqu'elle n'est pas sollicitée.

Selon Nicole Muller, un des seuls défauts du modèle qu'elle utilise est qu'il est dépendant de la température ambiante. Elle ne l'utilise pas en hiver (de janvier à mars) car les produits y gèlent et elle n'a de toute façon pas grand-chose à proposer à cette période. L'été, elle a parfois des fruits qui s'abîment lors de fortes chaleurs.

Efficacité du bouche à oreille

Le distributeur est accessible au public tous les jours de 6 heures à 20 heures (22 heures en été) et a été bien accueilli dans le village. «Les gens trouvent le système très pratique, surtout le dimanche quand tous les magasins sont fermés et qu'il leur manque quelque chose», observe Nicole.

Les consommateurs sont pour la plupart satisfaits et reviennent par la suite. Une partie de la clientèle vient de Griesheim-sur-Souffel ou des villages voisins. D'autres passent sur le chemin du retour après le travail, l'exploitation de Nicole Muller étant située au coeur du bourg, à moins de dix kilomètres de Strasbourg.

Les clients se sont passé le mot et le distributeur de Nicole tourne bien. Le contact avec la clientèle est certes différent de la vente directe traditionnelle, mais loin d'être inexistant. «Les discussions se font plus facilement, constate-t-elle. Les clients ont moins peur de déranger et osent engager la conversation quand je suis présente, car ils me savent disponible.»

Nicole est très heureuse de son investissement, elle a même un peu augmenté sa production de fruits et légumes pour approvisionner la machine. Elle envisage dans l'avenir, si elle parvient à produire plus, d'ajouter des casiers au distributeur.

1. Facile à approvisionner. En quelques gestes, Nicole Muller réapprovisionne son distributeur avec des fruits et légumes, voire des petits gâteaux confectionnés pour les fêtes de fin d'année.

2. Choix de l'Emplacement. Le distributeur, auparavant installé sous un parasol dans la cour de l'exploitation, est désormais à l'abri dans un chalet sur le toit duquel est installé le panneau solaire alimentant la batterie.

Didier Filbing, gérant de la société Didier Filbing distribution : «Des distributeurs modulables selon les besoins»

«Les distributeurs à casiers Roesler FWA sont parfaitement adaptés à la vente directe de produits agricoles et sont d'ailleurs éligibles aux subventions diversification Feader 311. Ils offrent la possibilité d'écouler une partie de la production avec un coût fixe et un prix bien valorisé. Différents modèles sont disponibles (réfrigérés ou non) et sont combinables entre eux (jusqu'à 72 casiers pour un monnayeur), ce qui permet à chaque producteur de composer le distributeur le plus adapté à ses besoins.

Entièrement en Inox, les distributeurs Roesler FWA sont faits pour durer et peuvent être installés aussi bien sur l'exploitation qu'à l'extérieur, dans le village par exemple, à condition d'avoir une permission de voirie. Pour faciliter la gestion des machines éloignées de la ferme, le producteur peut être averti par SMS dès que le contenu d'un certain nombre de casiers a été vendu. Afin de rendre ces distributeurs encore plus attractifs, nous travaillons actuellement sur un module de paiement par carte bleue pour proposer d'ici quelques mois des machines sans argent liquide.»

Points forts

- Machine polyvalente qui peut accueillir des produits variés.

- Gain de temps sur la vente directe.

- Utilisation simple pour l'exploitant et le client.

- Entretien facile et rapide.

Points faibles

- Investissement de départ.

- Sensibilité au gel et à la chaleur.

par Cécile Vinson (publié le 11 décembre 2009)