«Il n’y a pas de mauvaise ensileuse, il n’y a que de mauvais réglages », répète volontiers Yann Martinot, directeur technique d’Elv’up. Ce groupement d’éleveurs de l’Orne a fait de la qualité de l’ensilage, et en particulier de l’éclatage des grains, son cheval de bataille. Le but est d’atteindre 70 % d’IFG (indice de fragmentation du grain) sur tous les chantiers, car le grain offre 60 % de l’énergie de l’ensilage. Entre 50 et 70 % d’IFG, l’éclatage est jugé passable. En dessous de 50 %, la qualité est mauvaise.

L’impact économique d’un IFG beaucoup trop faible sur un chantier moyen de 30 hectares est susceptible de se traduire, en cas extrême, par un maximum de 10 000 euros de pertes en valeur alimentaire pour un tas d’ensilage initial d’une valeur de 32 000 euros. Sans compter le risque sanitaire d’entérotoxémie, à cause de refermentations d’amidon dans le gros intestin des bovins.

Pour le chauffeur, cela signifie qu’il faut régler soigneusement l’écartement entre les deux rouleaux de l’éclateur, ainsi que le différentiel de vitesse entre les deux éléments.

Au millimètre près

« On gagne de trois à quatre points d’IFG par millimètre de serrage entre 1 et 3 mm, explique Olivier Raux, nutritionniste chez Elv’Up. De même, le chauffeur ne doit pas négliger le réglage du différentiel de vitesse entre les deux rouleaux, puisqu’en passant de 30 à 40 % d’écart de vitesse de rotation, on acquiert plus de cinq points d’IFG. »

Yann Martinot rappelle que, face à des grains particulièrement durs de plus en plus fréquents avec les épisodes de sécheresse, il ne faut pas hésiter à resserrer les éclateurs à 1 mm, quitte à avoir un peu de défibrage et à ralentir les machines. Par ailleurs, c’est la maturité du grain qui doit déclencher la date du chantier. Il ne faudrait pas ensiler avec un taux de grains vitreux supérieur à 33 %, au risque de mettre en difficulté les éclateurs des machines.

Généraliser le test du seau

Pour les spécialistes d’Elv’Up, le contrôle visuel, s’il permet de détecter un très gros défaut de réglage de l’éclateur, n’est pas suffisant pour assurer la qualité du chantier. Le test dit « du seau » est une solution simple et rapide à mettre en œuvre. Pour contrôler la qualité de l’éclatage, prenez trois poignées d’ensilage et versez-les dans un seau qu’il faut remplir avec 5-6 litres d’eau. Laissez décanter les grains, puis retirez les parties végétatives en suspension. Videz et renouveler l’eau plusieurs fois, jusqu’à avoir enlevé l’essentiel des parties végétatives.

Le contrôle de la taille des particules doit montrer un minimum de 60 % en masse de particules de grain dont la taille est inférieure à 4,75 mm de long pour espérer un IFG objectif de 70 % minimum (après trois mois de conservation). Un grain bien éclaté doit être au moins divisé par quatre.

Le test du seau permet de séparer les grains (à g.) de la végétation. © c.legall