Une soixantaine de militants de la Confédération paysanne occupent depuis le 8 septembre 2010 les locaux de la Maison du lait, où se trouve le Cniel.

Leur objectif : obtenir deux sièges dans le collège des producteurs de l'interprofession laitière (qui compte, aujourd'hui, dix-huit membres répartis en trois collèges). L'exigence est ancienne et renouvelée régulièrement.

« Elle est d'autant plus importante maintenant que la loi de modernisation de l'agriculture (LMA) a renforcé les pouvoirs des interprofessions », explique Philippe Collin, le porte-parole du syndicat.

Représentation

Lors des discussions de la LMA, les nombreux amendements portés par des parlementaires de tous bords et visant à imposer une représentation syndicale pluraliste ont été jugés inutiles par le gouvernement et écartés.

« Brusquer les choses conduirait à l'échec », avait justifié Bruno Le Maire, renvoyant les syndicats à trouver un terrain d'entente.

Et c'est en force que la Confédération paysanne a obtenu lundi une entrevue avec le président du Cniel et de la FNPL (section spécialisée laitière de la FNSEA), Henri Brichart, en présence du directeur de cabinet du ministre de l'Agriculture.

Un simulacre de négociation qui a aussi généré les violences des syndicats minoritaires au Space.

« Droit privé »

La FNPL renvoie la balle au ministère, qui la renvoie à la FNSEA. Jean-Michel Lemétayer estime que la question n'est pas de son ressort mais de celui de la FNPL, à qui il ne peut « imposer une ligne de conduite ».

Il avertit : « Il ne faut pas espérer de grandes largesses de la FNSEA en la prenant pour cible. » Selon lui, pas question de remettre tout le dispositif en cause.

« Pour éviter que Bruxelles n'y voie des distorsions de concurrence, il faut garder le statut actuel de droit privé des interprofessions. »

La réponse de la FNPL : une injonction à comparaître jeudi, devant le tribunal, pour les militants de la Confédération paysanne et la menace d'une évacuation par la force publique et une astreinte de 50.000 euros par jour. « Nous reviendrons », a assuré Philippe Collin.

Le soutien de parlementaires

Une vingtaine de parlementaires soutiennent publiquement l'action de la Confédération paysanne.

Le Parti socialiste (PS) estime que, si la demande n'est pas légale, elle est légitime et « c'est un problème qui doit très vite être réglé ».

Il incite même le syndicat à porter son combat devant la Cour de justice des Communautés européennes.

« On ne peut imposer à tous les agriculteurs, par le jeu des décrets d'extension de la contribution volontaire obligatoire (CVO), des décisions émanant d'une petite partie seulement de la profession. »

par Arielle Delest (publié le 15 septembre 2010)