Pour autant, c'est aussi une région où le pâturage est trop rarement conduit à son optimum.

Résultat: beaucoup de gaspillage d'herbe et de concentrés. Témoin, ces résultats du contrôle laitier du Jura enregistrés sur 200 exploitations. Ils montrent qu'au printemps, la valorisation du pâturage pour couvrir 25 kg de lait va de 8 à 19 kg de lait.

Pour tenter d'inverser cette tendance, les chambres d'agriculture et les contrôles laitiers du Doubs, du Jura et de la Haute-Saône ont décidé de convaincre par du concret.

Un réseau de dix-sept sites en zone de plaine, de plateaux et de montagne, avec six parcelles par site se met en place dès ce printemps, pour trois ans. Coût de l'opération: 60 000 €/an.

Y seront mesurées tous les dix jours la croissance de l'herbe avec, sur certaines parcelles, la densité, pour faire le lien avec les quantités de MS ingérées. Ces données seront complétées avec des analyses de valeur alimentaire.

Objectif: établir, comme en Bretagne et Normandie, une courbe de croissance de l'herbe pâturée pour être à même d'anticiper et de mieux gérer le pâturage au quotidien.

Ces suivis seront aussi l'occasion de tours de pâturage pour faire toucher aux éleveurs le potentiel de production laitière des prairies.

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par Pascale Le Cann, Jean-Michel Vocoret, Dominique Grémy et Nicolas Louis (publié le 7 avril 2008)