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Dossier La conversion, une période de transition

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 - La conversion, une période de transition
L’organisme certificateur est le seul accrédité à délivrer le label AB à l’issue de la période de conversion. © Stéphane Leitenberger

La conversion engage une modification du système d’exploitation dans le respect du cahier des charges de l’agriculture biologique. Une période de transition qui peut être délicate.

De durée variable, la conversion correspond à l’intervalle entre la date d’engagement et la certification en agriculture biologique. Pendant cette période, la production ne bénéficie pas encore du label bio et donc de prix plus rémunérateurs.

Des choix stratégiques

« Que la transition soit lente ou brutale, beaucoup de choix stratégiques et techniques vont jouer sur le bon fonctionnement de la ferme, explique Loïc Madeline, secrétaire général de la Fédération nationale des agriculteurs biologiques (Fnab). Il est déterminant d’avoir un système solide. Aux premiers entretiens avec ceux qui souhaitent se convertir au bio, on évalue la stabilité de l’exploitation agricole. L’agriculture biologique doit être un objectif, pas la solution d’un système où tous les indicateurs sont au rouge. »

Si l’agriculture biologique demande une certaine technicité, la transition ne peut se faire sans anticiper certains autres aspects : main-d’œuvre disponible, temps de travail ou encore l'acceptabilité de son entourage. « On constate en regardant les cartes de conversion que si l’on a des exemples autour de soi, c’est plus encourageant pour se convertir », explique Philippe Henry, président de l’Agence bio.

Des aides en soutien

Reconduit dans la dernière loi de finances au moins jusqu’en 2022, le crédit d’impôt bio de 3 500 € soutient les exploitations, dont au moins 40 % des recettes agricoles proviennent d’activités qui font l'objet d’une certification AB. Ce crédit est cumulable à hauteur de 4 000 € par an avec les aides à l'agriculture biologique de la Pac. Bien que la vigilance soit de rigueur du côté de l’Agence Bio, après les déboires passés de retard de paiement d’aides bio, les agriculteurs en transition peuvent bénéficier d’aides à la conversion. Pendant cinq ans, ces aides du second pilier accompagnent les investissements des exploitants en phase de conversion et leur permettent de passer le cap.

Au-delà, les aides au maintien - aujourd’hui, quasiment abandonnées faute de budget - prennent le relais. Initialement, celles-ci étaient prévues pour « maintenir ou compenser les baisses de rendement par rapport à l'agriculture conventionnelle, souligne Loïc Madeline. Mais ce calcul basé sur le rendement ne prenait pas en compte toutes les externalités positives de la production biologique. » Fnab et Agence bio espèrent que les aides aux maintien seront métamorphosées en paiement pour services environnementaux dans la prochaine Pac, un dispositif qui mettrait en avant les aménités de la bio.

A.Gambarini

Délais de conversion

Pour les productions végétales

• Trois ans pour les cultures pérennes (arboriculture et viticulture) ;

• Deux ans pour les cultures annuelles et fourragères.

Pour les productions animales

• Un an de conversion et trois quarts de la vie des animaux en élevage bio pour les bovins allaitants ;

• Six mois pour les bovins lait, ovins, caprins et porcins ;

• Dix semaines pour les volailles de chair ;

• Six semaines pour les œufs.

La conversion peut être non-simultanée sur l’ensemble des ateliers pour permettre aux surfaces destinées à l’alimentation d’entamer la conversion avant les animaux.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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