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Dossier La chenille, une alternative pour les conditions difficiles

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Sur les tracteurs, les chenilles en caoutchouc concernent surtout les très fortes puissances. © V. Gobert

Les chenilles améliorent la traction et diminuent le matraquage au sol. Elles ne sont toutefois pas une solution miracle.

Héritées du génie militaire, les chenilles ont fait leur apparition très tôt sur les matériels agricoles. Fabriquées en métal, elles ne permettaient pas de circuler sur la route et étaient par conséquent réservées aux conditions extrêmes comme dans les vignes très pentues. Avec le développement des chenilles en caoutchouc, cette solution alternative aux pneus IF et VF connaît une croissance exponentielle. L’argument principal en faveur de son adoption est l’amélioration de la capacité de traction, qui permet de travailler en conditions très humides, là où les pneumatiques trouvent leurs limites. C’est pour cette raison qu’elle s’est intégrée rapidement aux arracheuses de betteraves et aux moissonneuses-batteuses.

Pour tous les matérielsagricoles

Néanmoins, si la chenille facilite des interventions plus tard dans la saison, elle n’est pas une solution miracle et elle peut aussi s’enliser. Et là, l’opération de désembourbage est nettement plus périlleuse qu’avec un engin à roues.

En outre, l’autre point fort de la chenille est la plus grande surface de contact avec le sol, qui réduit le matraquage provoqué par les engins lourds comme les automoteurs de récolte. Mais les essais menés par la DLG (société des agriculteurs allemands) montrent une différence de performance entre les systèmes, l’emplacement du barbotin jouant un grand rôle sur l’empreinte au sol.

Par ailleurs, la suspension du train de chenilles a plusieurs intérêts. Le premier est la réduction des vibrations. En effet, avec des machines qui sont de plus en plus souvent équipées d’usine, et donc chenillées tout le temps, le confort est indispensable.

Priorité au confort

De nombreuses améliorations ont donc été réalisées avec des trains suspendus. Une bonne suspension du train de chenilles passe par l’indépendance et le débattement entre les différents éléments la composant.

De plus, ces deux facteurs contribuent à épouser au mieux les irrégularités du sol, présentant le deuxième intérêt de la suspension. C’est-à-dire, conserver les propriétés de la chenille, avec une grande surface de contact au sol de manière à augmenter la traction et/ou diminuer la pression au sol.

La chenille se compose de plusieurs éléments, dont les galets. Ces petites roues s’assurent de plaquer au sol la chenille, et répartissent le poids du véhicule sur la surface de contact au sol. Il est donc logique qu’une grande partie des solutions technologiques de suspension tournent autour de cette pièce.

Ainsi, les galets sont le plus souvent montés sur des boggies par paires. Ce dernier assure une oscillation entre deux galets, avec un axe perpendiculaire à celui de l’avancement. Cependant, l’oscillation peut se faire aussi via un axe parallèle au sens d’avancement. Un mouvement de balancier est alors créé entre le galet intérieur et celui extérieur de la chenille, augmentant les capacités d’adaptation au sol.

Une suspension intégrale

Les trains de chenilles adoptent également des systèmes hydrauliques ou mécaniques de façon à suspendre le boggie dans son intégralité. Celui-ci est alors relié au châssis par un bras libre en débattement. Un amortisseur hydropneumatique ou un ressort s’assure ensuite que le boggie suit les grosses irrégularités du terrain, positives comme négatives. Des ressorts peuvent également relier deux sous-parties du châssis afin d’assurer un débattement entre ces dernières.

D’autre part, plusieurs boggies, suspendus indépendamment, sont à même d’être utilisés sur des trains de chenilles possédant quatre galets. Sur des systèmes avec un nombre de galets impair, un boggie peut regrouper un galet d’un côté, et un second boggie de deux galets de l’autre. Ils peuvent également comprendre un galet et un galet tendeur.

Notons, enfin, que pour les véhicules chenillés d’usine, une suspension mécanique ou pneumatique est souvent placée entre le train de chenille et le châssis du véhicule. Des systèmes de ressorts ou encore de coussins d’air sont employés. Dans ce cas, cette suspension, en plus des différentes solutions techniques citées, est surtout présente pour le confort du chauffeur.

Le chenillage devient quasiment incontournable sur les arracheuses de betteraves.© C. Le Gall
Après les automoteurs et les tracteurs, les chenilles gagnent les véhicules agraires comme cet épandeur à fumier Hawe. L’objectif est de limiter le tassement du sol avec la remorque chargée. © C. Le Gall
L’Axion, du constructeur Claas, est équipé au choix de roues ou de la chenille TerraTrac à l’arrière. Cette dernière est suspendue hydrauliquement. © Claas
La suspension Terraglide, proposée sur les chenilles SmartTrax, de New Holland, se compose de deux bogies suspendus hydrauliquement. © New Holland
Le châssis de la chenille se compose de plusieurs parties indépendantes afin d’augmenter la capacité de débattement. Ici, la chenille de la moissonneuse-batteuse John Deere. © John Deere
Des rachats stratégiques

Au mois de juillet 2018, Michelin est devenu le leader mondial sur les marchés hors route avec l’acquisition de Camso. Ce manufacturier québécois est spécialisé dans les solutions tout-terrain mais il est surtout connu pour ses chenilles en caoutchouc adaptées aux engins agricoles et aux motoneiges, deux marchés sur lesquels il est le leader mondial. Au début du mois de novembre, CNH a annoncé l’acquisition de son fabricant de chenilles habituel, ATI Tracks. Basé à Mount Vernon, dans l’Indiana, aux États-Unis, ce constructeur fournit déjà la gamme de tracteurs articulés New Holland T9 depuis 2012. Cette acquisition doit donner naissance à des chenilles compatibles avec les moissonneuses-batteuses Case IH et New Holland sortant de l’usine du Nebraska dès 2020.

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