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Dossier La bonne conservation se joue dès le printemps

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Une couverture rapide du sol par les betteraves limite l’apparition de mauvaises herbes pouvant nuire à une bonne conservation. © Sébastien Champion

Densité de semis, levée rapide et homogène, destruction des mauvaises herbes, plusieurs leviers permettent d’assurer un bon stockage ultérieur.

Destinées à être stockées à l’état frais en silo, les betteraves fourragères doivent être saines et exemptes de blessures, notamment liées au gel. Des précautions sont à prendre dès le semis. Ce dernier doit intervenir suffisamment tôt (avant mi-avril) pour que les betteraves atteignent la maturité avant les premières gelées. La densité doit être suffisante (120 000 à 130 000 graines par hectare pour un objectif de 100 000 pieds par hectare) afin d’avoir des racines homogènes. Objectif : faciliter la récolte et éviter les chocs. Le temps de retour de la culture dans une même parcelle est de trois à quatre ans. L’autre impératif est d’avoir une levée rapide et homogène. Le but est, entre autres, de réduire les pertes de plantes liées aux attaques de ravageurs du sol et de pucerons, en l’absence de néonicotinoïdes. Cette émergence rapide peut être apportée par les semences activées, qui sont soumises à un procédé initiant, de manière précise et contrôlée, les premières étapes de la germination des semences.

« Les semences activées représentent désormais 30 à 40 % des ventes de semences de betteraves fourragères, chiffre Alexandre Carré, animateur betteraves fourragères au Gnis (1). Leur surcoût est de 30 €/ha environ, mais il s’agit d’une assurance sur la qualité de la levée et l’homogénéité de la culture. »

Maîtrise du désherbage

Des plantules qui émergent vite ont aussi pour avantage de limiter le développement des adventices. L’objectif étant de ne pas récolter trop de « matières vertes » fermentescibles qui nuiront à une bonne conservation. « La maîtrise du désherbage fait partie des sources d’inquiétude pour les producteurs au même titre que la disponibilité en matériel », avance Alexandre Carré. La betterave n’est en effet pas compétitive vis-à-vis des mauvaises herbes en phase d’installation.

Il faut intervenir sur adventices jeunes quel que soit le stade de la culture. Trois applications d’herbicides à doses réduites sont nécessaires à 6-10 jours d’intervalle. « Le pulvérisateur doit être correctement nettoyé avant de passer sur les betteraves, notamment après le désherbage du maïs », prévient le spécialiste. Les herbicides adaptés à ces dernières sont décapants et décollent les traces du désherbant précédent non sélectif de la betterave.

Des passages d’outils mécaniques peuvent aussi s’envisager, en complément ou non des herbicides. Là encore, l’homogénéité de la culture revêt une plus grande importance car elle facilite les interventions.

Isabelle Escoffier

(1) Groupement national interprofessionnel des semences et plants.

À chaque variété son usage

Les variétés sont désormais classées en trois catégories selon leur teneur en matière sèche (MS). Cette teneur est corrélée à la proportion de racine enterrée. Plus une variété contient de la MS, plus elle est dure.

Type « moyennement riche en MS » (moins de 16 % de MS, 40 à 60 % de la racine enterrés). Betteraves polyvalentes pouvant être pâturées ou distribuées entières ou en morceaux aux animaux.

Type « riche en MS » (entre 16 et 18 % de MS, 60 à 70 % de la racine enterrés). Betteraves plus dures, plus productives (MS/ha) et se conservant mieux. Il est préférable de ne pas les donner entières aux bêtes.

Type « très riche en MS » (plus de 18 % de MS, 70 à 80 % de la racine enterrés). Ces nouvelles variétés sont les plus productives en termes de MS/ ha. Elles sont coupées et distribuées aux animaux.

À savoir

Il faut éviter les carences en bore pouvant être à l’origine de la maladie du cœur noir, préjudiciable à la conservation. L’apport de bore doit être raisonné en fonction des analyses de sol.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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