Ce tracteur japonais renferme uniquement des composants maison. Il est conforme aux dernières normes antipollution grâce à son filtre à particules. D'aspect compact, le M 110 GX renferme de nombreux automatismes et offre ainsi un bon rapport équipement/prix.

Le Kubota M 110 GX en vidéo.

FICHE TECHNIQUE

• Puissance maximale : 89 ch• Moteur : Kubota 3,8 l• Antipollution : FAP• Transmission : semi-powershift 24/24• PDF : 540/1.000

Moteur (note : 5/10)

Le 4 cylindres Kubota est la déception du test car sa puissance maximale a été mesurée à seulement 89 ch. En outre, elle est atteinte à un régime très élevé (2 470 tr/min). Le couple est lui aussi limité, avec 317 Nm. Sur le papier, le moteur est sensé délivrer 96 ch à 2 600 tr/min et le couple devrait se situer autour de 370 Nm. En ce qui concerne la consommation, la performance est mitigée. D'un côté, il consomme beaucoup à la puissance maximale, avec 294 g/kWh mais, de l'autre, il est le plus économe à la puissance nominale, avec seulement 200 g/kWh. Il faut donc choisir soigneusement son utilisation. Kubota n'est pas avare en automatismes puisqu'il propose un limiteur de régime, un boost et deux régimes programmables. La mémorisation de ces derniers n'est pas très intuitive. Le M est également équipé d'une fonction « frein moteur » pour les fortes pentes. Le traitement des gaz d'échappement est assuré par un filtre à particules dont la régénération se pilote en cabine, avec deux boutons. Une explication s'avère nécessaire pour maîtriser cette étape car il faut d'abord utiliser la régénération manuelle avant de passer en automatique.

Transmission (note : 8/10)

De type semi-powershift, elle combine trois gammes et huit rapports sous charge, pour offrir un total de 24 rapports en marche avant et en marche arrière. Le levier principal est placé un peu loin du chauffeur, surtout lorsqu'il s'agit d'atteindre la gamme haute. Il évolue sur une double grille qui combine les gammes L et M en ligne droite, puis M et H en ligne droite après un décrochement. Les powershifts se passent avec deux boutons sur le pommeau du levier de vitesses ou deux autres boutons situés sur l'accoudoir. Un bip sonore retentit en cabine à chaque passage, ce qui devient rapidement très irritant. Il est possible d'automatiser les rapports sous charge mais cette fonction se limite à quatre rapports, que le chauffeur peut présélectionner. La sensibilité de cette fonction est réglable au moyen d'un potentiomètre mais l'effet n'est sensible que dans les positions « min » et « max ». La boîte offre 9 rapports dans la plage de travail de 4 à 14 km/h. L'inverseur au volant est souple mais gagnerait à être un peu plus long et sa protection en plastique ne facilite pas son utilisation.

  

Ergonomie. L'accoudoir multi-fonction est rare sur ce type de tracteur. Il est cependant un peu trop court. (Photo de gauche)FAP. Kubota équipe son moteur maison d'un filtre à particules à régénération active. (Photo de droite)

Relevage (note : 7/10)

De catégorie 2, il offre le réglage rapide pour un seul des deux bras. Le M propose une capacité de levage inférieure à la moyenne. Comme son poids total est assez limité (4 050 kg), ce tracteur sera plus à l'aise sur les travaux légers qu'en traction pure. En cabine, les commandes principales de montée et descente se situent sur l'accoudoir, près du contrôle de profondeur. Le contrôle d'effort, installé sur la console, ne propose que deux options : effort et position. Trois boutons supplémentaires effectuent les réglages auxiliaires.

Hydraulique (note : 6/10)

Le débit fourni par la pompe est de 75 l/min et se situe dans la moyenne. Notre tracteur était équipé de quatre distributeurs, dont deux sont optionnels. Ils sont identifiés par un code couleur. En cabine, les quatre leviers sont placés sur la colonne de droite. Ils sont accessibles mais un peu difficiles à bouger. Tous bénéficient d'une position flottante.

Prise de force (note : 7/10)

Kubota offre deux régimes, 540 et 1 000 tr/min, sélectionnés au moyen d'un levier capricieux placé derrière le siège. Les vitesses sont atteintes à des régimes étonnament hauts (2 500 et 2 600 tr/min). L'engagement s'effectue au moyen d'un bouton bien pensé qu'il faut pousser et tourner. Une simple pression suffit à désactiver la prise de force. Les régimes sont indiqués sur le petit terminal situé dans la console de droite.

Ponts (note : 6/10)

Le pont avant s'engage avec un interrupteur. Pour le différentiel, Kubota opte pour un système original avec des commandes séparées pour l'avant et l'arrière. L'avant s'engage avec un interrupteur et l'arrière avec une pédale. Il n'y a pas d'automatismes pour les ponts.

Confort de conduite (note : 7/10)

Après le Belarus, le Kubota est le moins confortable sur la route. Le manque de punch du moteur et les bips incessants de la transmission y sont pour beaucoup. Conséquence logique du manque de puissance, il plafonne péniblement à 39 km/h. S'il y a du soleil, il faudra prévoir une bonne paire de lunettes car le pare-soleil arrive au niveau du torse du chauffeur ! En revanche, grâce au système de braquage court Bi-speed, le M est le champion de la maniabilité.

Cabine (note : 7/10)

Une excellente visibilité

Récente, cette cabine se distingue de la concurrence par ses quatre montants fins qui offrent une excellente visibilité, probablement l'une des meilleures du marché dans cette catégorie de puissance. Malheureusement, son aménagement n'est pas à l'avenant, avec un habillage entièrement en plastique qui donne un aspect très low-cost à un tracteur qui renferme pourtant beaucoup d'électronique. Sur le plan de l'ergonomie, Kubota frappe fort avec un accoudoir multifonction, le seul dans cette fourchette de prix. Ce dernier regroupe l'accélérateur à main, les commandes de relevage et le passage des rapports sous charge. Mais il s'avère trop court pour des chauffeurs de plus de 1,70 m et finalement plus pénible que pratique. L'importateur néerlandais propose d'ailleurs une rallonge de 20 cm pour s'adapter à la morphologie européenne. Dans l'ensemble, on se sent un peu à l'étroit dans cette cabine, qui est clairement conçue pour des chauffeurs de taille moyenne.

Points fortsPoints faibles

• Braquage court avec le Bi-speed.

• Visibilité.

• Nombre de powershifts.

• Manque de puissance.

• Trop de bips en cabine.

• Position de conduite désagréable.

Essais réalisés par Henri Étignard et Corinne Le Gall, avec le concours de avec Martijn Knuivers et Frits Huiden (Boerderij), Frank Berning (Top Agrar) et Oli Marks (Farmers Weekly) Photos : Henk Riswick