Fabriquée aux États-Unis, la Mule du constructeur japonais Kawasaki fait figure de hors catégorie dans notre test. En effet, le véhicule est doté de deux banquettes pouvant accueillir 4 passagers.

Impression d’ensemble

Le Kawasaki surprend par le gabarit de son habitacle. Celui-ci surpasse les dimensions de ses concurrents. La banquette arrière y est pour beaucoup. À l’intérieur, l’ensemble est épuré mais la finition de bonne facture.

Moteur et transmission

La Mule intègre un bloc Yanmar 3 cylindres de 993 cm3. Celui-ci fournit 24 ch à 3 600 tr/min. Il est puissant et répond suffisamment pour emmener le poids de la bête en faisant preuve de nervosité. Il se situe en deuxième position pour la vitesse de pointe, avec 47 km/h en faux plat.

Comme la plupart des concurrents, le lien entre les roues et le moteur est assuré par un variateur. Celui-ci offre toutefois un frein moteur important en descente. Il est rare de se retrouver en roue libre.

La boîte est pilotée par un levier en ligne. L’enclenchement des 4 roues motrices et le blocage du différentiel sont électriques, via un bouton. Le premier peut s’activer en roulant. À gauche du volant prend place un levier de frein à main. Il fonctionne de la même manière que celui d’une voiture, le rendant pratique à engager.

Châssis et Suspensions

Un des points forts du Kawasaki réside dans son long châssis. Il bénéficie de suspensions indépendantes à l’avant et à l’arrière, offrant un comportement stable et confortable dans les chemins comme sur la route. Les secousses sont absorbées, si bien qu’on se sent comme à bord d’une berline. En revanche, le gabarit pachydermique et la garde au sol basse le rendent plus sensible que les autres à l’embourbement en conditions humides. L’engin est entièrement caréné et offre une bonne protection contre les projections de terre.

Cabine

Le japonais est le seul à ne pas disposer de pare-brise de série. Seul l’arceau fait office de cabine. Une canopy peut venir protéger la partie supérieure des intempéries. Un vitrage intégral est aussi disponible.

L’accès au poste de pilotage se fait en ouvrant une demi-portière qui protège les jambes mais ne s’ouvre que de l’extérieur. L’habitacle est modulable. Une seconde banquette se déplie pour accueillir deux passagers supplémentaires. Le dépliage nécessite de l’habitude pour être entrepris par une seule personne. L’opération dure quelques minutes et requiert un peu de force. Les personnes prenant place à l’arrière sont plus hautes que le chauffeur, décuplant la sensation de vitesse et donc d’insécurité. Tous les passagers sont cependant assis confortablement grâce à un dossier.

Le chauffeur bénéficie d’un volant et de rétroviseurs réglables. En revanche, il n’a pas suffisamment d’espace pour reposer son pied gauche car l’emplacement est occupé par le passage de roue. L’ergonomie des commandes est bonne dans l’ensemble. On reproche simplement à la tige faisant office de levier pour les clignotants d’être légèrement en dessous des autres boutons. Mention spéciale pour l’écran, qui offre la meilleure lisibilité du test en étant décalé au centre de la cabine mais orienté vers le chauffeur. Les rangements sont moins nombreux que chez certains concurrents.

Caisse

Bien que le véhicule soit le plus long du test avec 3,38 mètres, sa caisse de 320 litres est la plus petite. En effet, la banquette arrière, même repliée, occupe un espace conséquent. Le basculement de la caisse est manuel et, malgré son petit volume, elle est lourde car la banquette arrière y est fixée. En outre, il faut déverrouiller deux loquets à basculement de chaque côté avant de la soulever. Même constat pour la porte arrière, où deux autres sont à retirer avant de l’ouvrir.

Après le déchargement, il est temps d’enlever les résidus accumulés dans les petites cases du revêtement plastique de la porte. Il faut ensuite reverrouiller les loquets de part et d’autre de l’engin. Enfin, la caisse ne dispose pas de point d’ancrage. Une barre en métal faisant le tour peut cependant faire l’affaire.

Entretien

Sous le capot, le radiateur est disposé un peu trop sur l’avant du véhicule, le rendant difficile à nettoyer. En revanche, le moteur est très accessible une fois la benne relevée (chose qui n’est pas simple). L’accès à la jauge à huile et à la batterie n’impose pas de soulever la caisse.

Conduite

La Mule Pro DXT est rapide et puissante. Pourtant, aucune sensation de danger ne se fait sentir, notamment grâce à la stabilité et à l’amortissement de l’appareil. La vitesse de pointe, qui frôle 50 km/h, reste raisonnable et supérieure à celle d’une grande partie de ses concurrents.

Le confort de conduite est excellent, même sur les chemins chaotiques. Seul bémol, la grande longueur du véhicule augmente drastiquement son rayon de braquage. Ce n’est pas le plus pratique à manœuvrer.

Avec l’absence de pare-brise, la vitesse paraît accentuée. Toutefois, attendez-vous à avaler quelques insectes ! Par ailleurs, il est préférable de porter des lunettes pour éviter d’autres désagréments. Passagers comme chauffeur subiront aussi les aléas climatiques. Et si le soleil se fait parfois oublier avec la fraîcheur du vent, ce n’est pas le cas de la pluie. Il est donc préférable d’opter pour le vitrage intégral afin de résoudre ces problèmes.

Sur route, la suspension est souple et confortable. L’engin est plaisant à conduire. En franchissement, les obstacles ne lui font pas peur. Cependant, la boue profonde n’est pas son terrain de jeu favori à cause de son gabarit et de son dégagement sous bâti d’à peine 26 cm.

La cabine est épurée mais avec une belle qualité de finition. Les commandes sont bien positionnées et claires. © l.coassin
Le pont avant et le blocage du différentiel sont à enclenchement électrique. Ils s’activent grâce à des interrupteurs en cabine. © l.coassin
L’écran est placé au milieu de la cabine. Toutefois, il est orienté vers le chauffeur, ce qui limite les reflets du soleil. © l.coassin
La cabine n’est pas protégée par une vitre. Chauffeurs et passagers sont donc soumis aux intempéries. © l.coassin
En conduite, le Kawasaki est stable et puissant. Il offre son lot de sensations tout en procurant un sentiment de sécurité. © p.peeters
La banquette arrière occupe de la place, au détriment de la benne qui est la plus petite du test. Convertir la banquette arrière en place supplémentaire dans la caisse requiert de la maîtrise.
Le déverrouillage de la caisse pour le bennage doit être effectué de chaque côté. © l.coassin
Le récap
Les points positifs
  • 4 places modulables

  • Commande électrique du différentiel et 4 roues motrices

  • Stable et confortable

Les points négatifs
  • Peu de rangements

  • Petite caisse, peu pratique et lourde

  • Pas de pare-brise