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Dossier La classe au-dessus

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L’éclairage et les gyrophares sont à leds. Ces derniers sont intégrés directement au toit de la cabine, comme l’antenne GPS. © Cédric Faimali/GFA

L’héritier des séries 8000 et 8000R avait une réputation à défendre. Le défi semble à sa hauteur, car derrière son design moderne et radical, cette nouvelle génération regorge de petites améliorations, tout en conservant l’ADN de ses ancêtres.

C’était l’un des gros lancements d’Agritechnica 2019, et nous avions hâte de nous asseoir dans le nouveau porte-étendard de la marque américaine. Toujours produit sur les chaînes de l’usine de Waterloo, ce tracteur est proposé du 8R 280 au 8R 410. En plus de sa variante à deux chenilles 8RT, John Deere introduit désormais des versions à quatre chenilles avec le 8RX. Le tractoriste nous a mis à disposition un modèle avec quasiment toutes les options, en version Ultimate, la plus haut de gamme. Il est peut-être plus facile de lister celles non présentes sur notre modèle, notamment le relevage avant. C’est d’ailleurs le seul tracteur de notre test dépourvu de cet attribut. Le 8R 370 est le plus puissant de la gamme équipé de la variation continue. Avant même de prendre les commandes, nous remarquons un design audacieux et plus saillant. Le gabarit a également été revu, avec un engin légèrement plus haut.

Cabine

L’accès reçoit une marche de plus que ses prédécesseurs et le constructeur a redescendu la poignée de porte. Des poignées à droite et à gauche assurent de bonnes prises pour la montée. Une fois assis, le volume de la cabine est remarquable. C’est presque un cube parfait. Le siège, entièrement en cuir, pivote à 40 degrés sur la droite, mais également à 25 degrés sur la gauche, pour faciliter l’accès et la descente.

Le siège est équipé comme celui des dernières berlines haut de gamme, avec des réglages électriques. Il est chauffant et ventilé…, mais également massant ! Une fonction déroutante, dont l’intérêt reste subjectif. Dans la même veine, notre tracteur est compatible Apple CarPlay. Il reçoit ainsi un écran tactile pour l’autoradio et le système audio. Autour de nous, la colonne de direction a été revue, mais l’accoudoir est similaire à ceux des autres tracteurs déjà équipés du levier CommandPro. Dans l’ensemble, les commandes sont bien regroupées et la finition est haut de gamme.

Moteur

Le 8R reçoit toujours le bloc de 9 litres maison. Le constructeur annonce une puissance nominale à 370 ch et une puissance maximale à 407 ch. Avec l’arrivée du joystick, John Deere propose deux régimes moteurs mémorisables. Les touches sont placées juste à côté de l’accélérateur à main. Nous paramétrons la valeur dans le terminal, ou par un appui long. Une troisième touche offre la possibilité de figer le régime pendant le travail. Dans le menu du moteur, il est également possible d’enregistrer une butée haute de régime moteur.

Transmission

La transmission à variation continue AutoPowr est conçue par John Deere. Cette dernière offre trois stratégies de conduite : auto, manuel et personnalisé. Le 8R possède deux vitesses cibles. Nous devons d’abord sélectionner l’une des deux, avec un double bouton placé sur le joystick avant de l’activer. Pour cela, nous inclinons le joystick sur la droite. La ressemblance avec un concurrent bavarois pourrait s’avérer fortuite, mais elle devient troublante, car nous inversons le sens d’avancement en inclinant le joystick à gauche. Nous gérons l’avancement au joystick ou à la pédale. En poussant le joystick au maximum jusqu’au clic, le tracteur va chercher à atteindre la vitesse de consigne maximale, c’est-à-dire la troisième vitesse cible. À l’inverse, si nous tirons jusqu’au clic en arrière, le tracteur va décélérer jusqu’à s’arrêter. Le CommandPro offre d’autres petites subtilités, comme une fonction pour les manœuvres et phases d’approches. Pour cela, nous poussons ou tirons le levier, tout en le maintenant sur la gauche. En plus d’être très ergonomique, il reste simple à comprendre pour gérer l’avancement, surtout pour les conducteurs habitués aux tracteurs bavarois. L’agressivité est réglable selon trois positions, avec une touche sur le joystick. Un bouton neutre et un bouton Parking sont présents autour, à défaut d’être sur l’inverseur. Pour les habitués des précédentes solutions, c’est un peu déroutant.

Relevage

Le relevage affiche une capacité de 9 tonnes sur toute la plage. La commande principale est un peu cachée derrière le joystick multifonction. Identique aux finger tip dédiés à l’hydraulique, elle intègre une position flottante activable comme pour les distributeurs. Il est également possible d’affecter la commande principale sur des touches du joystick. La molette de profondeur est placée sur le côté droit. Elle n’est pas graduée. En effet, la mémorisation de position est électronique à l’aide du bouton SET. Les réglages auxiliaires sont tous regroupés dans le terminal.

Hydraulique

Le tracteur n’ayant pas de relevage avant, il est uniquement muni de six distributeurs à l’arrière. Ils sont numérotés et possèdent un code couleur. Notre modèle étant équipé du joystick CommandPro, l’accoudoir ne reçoit que trois finger tip. Il est cependant équipé d’un petit levier en croix paramétrable. De plus il est possible d’affecter plusieurs distributeurs sur le joystick principal. Les prises sont toutes placées du même côté et elles bénéficient de manettes de décompression. Nous réglons débit et temporisation depuis l’écran. Le menu dédié à l’hydraulique est simple et complet.

Prise de force

Notre 8R bénéficie de deux régimes, 1000 et 1000 Eco. L’activation se fait depuis l’accoudoir alors que le choix du régime est effectué dans le terminal. La prise de force ne bénéficie pas d’automatisme pour synchroniser son activation avec la position du relevage.

Pont

Même s’il reste en option, le pont avant suspendu à bras indépendant ILS est toujours présent. L’activation des quatre roues motrices et du blocage du différentiel est gérée depuis l’accoudoir. Chaque fonction dispose d’un bouton pour le mode auto et d’un second pour le mode permanent.

Au travail

La pédale d’accélérateur, plutôt dure, n’aide pas pour dompter les chevaux et doser l’avancement avec précision. Nous préférons rapidement le joystick. Au travail, le 8R a surtout brillé par son confort et son ergonomie. Une fois le joystick paramétré à notre convenance, la main droite ne le quitte plus. Le siège haut de gamme et pivotant à 40 degrés, ainsi que les repose-pieds, nous assurent un voyage en première classe.

Le CommandPro, une option qui s’est fait attendre

Un joystick multifonction chez John Deere, c’est une évolution récente. C’est d’ailleurs la première génération de 8R à en bénéficier, toujours en option. En arrivant après tout le monde, John Deere a développé un joystick haut de gamme et très ergonomique. Sa forme pourra surprendre, mais une fois que nous avons la main dessus, il est difficile de revenir aux modèles classiques. Le constructeur a opté pour un maximum de touches personnalisables. Ainsi, hormis les touches orange, toutes les autres doivent être programmées par le chauffeur. Pour cela, direction le terminal. Encore faut-il trouver le menu ! En effet, le logo de raccourci pour accéder aux réglages du joystick pourrait être plus intuitif. En tout, nous disposons de quatre interrupteurs et trois touches affectables. Notons que les interrupteurs sont divisibles, pour devenir deux touches distinctes. Avec des boutons bien répartis, le CommandPro occupe presque autant notre pouce que notre index. Afin de compléter le tout, le constructeur a muni son joystick d’une molette pour ajuster les valeurs.

Parmi les touches non personnalisables, il y a la sélection des deux vitesses cibles et le réglage de l’agressivité selon trois positions. © P. Peeters
Le 8R 370 en chiffres

Moteur : 9 l PSS (Deere)

Puissance nominale : 370 ch

Puissance maximale : 407 ch

Empattement : 3,05 m

Pneumatiques avant : IF 650/60 R34

Pneumatiques arrière : IF 900/60 R42

Le récap
Les points positifs
  • Confort de conduite.

  • Volume et agencement de la cabine.

  • Qualité de finition.

Les points négatifs
  • Plus de position parking sur l’inverseur.

  • Pas de support pour un écran supplémentaire.

  • Pas d’automatisme pour la prise de force.

Du coté du rangement, le 8R possède une glacière parfaitement intègrée et réglable en intensité. © P. Peeters
Le tableau de bord est placé dans le montant avant droit, juste au-dessus­ du terminal. © P. Peeters
L’accoudoir multifonction est bien organisé et ses touches sont claires. La grosse évolution, c’est le joystick multifonction CommandPro. © P. Peeters
Le siège qui pivote à 40 degrés et les repose-pieds assurent un confort digne d’un fauteuil. © P. Peeters
C’est le premier tracteur du marché équipé de CarPlay. Ce système fonctionne uniquement avec les téléphones Apple. © P. Peeters
Les possibilités offertes par le siège sont pléthoriques. Une partie des commandes prennent place dans l’accoudoir gauche. © P. Peeters
© C. Faimali/GFA
Le CommandCenter n’a pas pris une ride

Sur notre 8R dernière génération, elle n’a pas changé : il s’agit toujours de la console CommandCenter 4600 , présentée avec les modèles FT4 en 2014. Bien que de taille moyenne (10,4 pouces), c’est le grand modèle pour le constructeur, qui propose de série le CommandCenter 4200 de 8,4 pouces.

Chez John Deere, l’écran de travail est, en quelque sorte, une page blanche entièrement personnalisable. Il est possible d’y afficher un grand nombre d’informations, et de leur donner plus ou moins de place. Nous pouvons également enregistrer plusieurs écrans de travail. Nous passons alors de l’un à l’autre, simplement, avec les flèches du haut ou, comme sur un smartphone, en glissant vers la droite ou la gauche. Pour la plupart des modules, en cliquant sur le bloc, nous avons accès aux réglages, comme pour les distributeurs hydrauliques. Le CommandCenter affiche également des pop-ups, sur le haut de l’écran, lorsque nous manipulons certains réglages, comme les vitesses cibles ou le relevage. Ces alertes nous préviennent également de l’enclenchement ou du désenclenchement de l’autoguidage. En plus d’être tactile, il bénéficie d’une série de touches « raccourci » en dessous. Elles permettent d’accéder rapidement aux principaux menus de réglages (relevage, hydraulique…). L’icône, baptisée tout simplement « Menu » nous donne accès au reste des réglages et informations. Les différents sous-menus sont répartis en trois thèmes : « Réglage de la machine », « Applications » et « Système ».

L’écran est également équipé d’une molette et de quelques touches pour la navigation. Il est difficile de se perdre dans ce terminal.

Le constructeur avait muni notre tracteur d’un moniteur étendu. Ce n’est pas une seconde console, mais bien un second écran – comme sur un ordinateur –, pour visualiser davantage de choses en même temps. Nous avions décidé d’y afficher les caméras ainsi que le GPS. Il est possible, à tout moment, d’invertir les écrans affichés.

Pour le guidage, tout se passe dans le terminal du tracteur. La solution du constructeur, déjà rodée, reste simple et ergonomique. Il faudra simplement veiller à activer le système AutoTrac. La création d’une ligne A-B est rapide. Le logo dans le bas de l’écran indique ensuite si le GPS peut être activé. Afin d’endiguer les problèmes récurrents de vols, le constructeur a intégré l’antenne directement dans le toit. Il n’est donc plus possible de l’utiliser sur plusieurs machines.

La cabine est d’un volume impressionnant. Le soin apporté aux détails, l’ergonomie et la qualité de finition font penser aux caractéristiques d’une berline de haut de gamme. © P. Peeters
Les fenêtres de travail sont entièrement personnalisables. Il est possible de donner plus ou moins de place aux différentes informations. © P. Peeters
Le système AutoTrac reste simple. Le voyant en bas à gauche nous indique s’il est possible d’engager le système. © P. Peeters
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Cet article est paru dans La France Agricole

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