Dans cette catégorie de puissance, John Deere proposait deux solutions pour la transmission : semi-powershift ou variation continue AutoPowr.

La boîte DirectDrive, avec son double embrayage, offre une alternative à ceux qui souhaitent bénéficier d'un confort proche de l'AutoPowr tout en conservant le rendement d'une boîte manuelle.

Le John Deere 6210R DirectDriveen vidéo et en diaporama.

FICHE TECHNIQUE

• Puissance maximale : 224 ch (boost)• Moteur : Deere 6,8 l• Antipollution : EGR + DOC + FAP• Transmission : à double embrayage DirectDrive• Prix : 184.000 euros

Moteur (note : 7/10)

La motorisation est assurée par un Deere PowerTech PVX de 6,8 l bénéficiant d'un boost. John Deere est le seul qui ne sacrifie pas à la mode du SCR puisqu'il adopte un système de dépollution combinant vanne EGR, catalyseur d'oxydation (DOC) et filtre à particules (FAP).

Les mesures de la DLG ont montré une consommation plus élevée de 4 % avec le FAP qu'avec le traitement à l'AdBlue. La puissance maximale à la prise de force est de 224 ch, dans la moyenne du test.

En cabine, l'accélérateur à main est un petit levier orange avec une course réduite. Il n'est pas possible de mémoriser un régime de moteur. La seule programmation envisageable est un limiteur de régime.

Transmission (note : 7/10)

La DirectDrive à double embrayage offre trois gammes (A, B et C) et huit rapports. A première vue, on se croirait dans une cabine d'AutoPowr, avec le levier garni d'une molette, mais les trois boutons orange au pied de ce dernier et l'absence de grille à deux positions attestent d'une boîte différente.

La gamme A travaille jusqu'à 11 km/h, la B, 20 km/h et la C, 40 km/h. L'alternance s'effectue en appuyant sur l'un des trois boutons orange. Le passage de B à C est robotisé. Au sein d'une gamme, les changements de rapport sont manuels, comme sur une semi-powershift, ou automatisés.

Dans le premier cas, le chauffeur donne une impulsion vers l'avant ou l'arrière au levier pour monter ou descendre les rapports. S'il veut passer en mode automatique, le pilote bloque le levier dans l'encoche prévue à cet effet. A ce moment, la boîte se contrôle comme l'AutoPowr, en ajustant la vitesse cible avec la molette et en contrôlant l'avancement à la pédale.

La vitesse cible est indiquée par des Led au tableau de bord. A pleine charge et bas régime avec un déchaumeur, les passages de rapport se perçoivent à peine. A 2.000 tr/min avec le combiné de semis, on sent nettement certains changements, en particulier entre la sixième et septième vitesses.

Sur le terminal, le chauffeur peut personnaliser sa boîte, par exemple en déterminant la chute de régime tolérée avant le changement de rapport (de 6 à 40 % pour la prise de force, 20 à 40 % pour le transport). Il est nécessaire d'ouvrir le manuel pour comprendre ces programmes.

Il est également possible de régler le ratio entre la marche avant et la marche arrière lors de l'inversion, un rapport de démarrage pour la gamme B/C et une vitesse maximale en avant comme en arrière. L'inverseur est souple, précis et bénéficie des positions parking et neutre clairement matérialisées.

  

Configuration. La cabine du DirectDrive reprend le levier de l'AutoPowr, avec une grille différente. (Photo de gauche)Dépollution. Le 6210R est le seul tracteur de l'essai à utiliser un filtre à particules au lieu de l'AdBlue. (Photo de droite)

Relevage (note : 8/10)

Le 6R est équipé d'un système de couplage rapide au niveau du troisième point qui se révèle être un ensemble de câbles avec ressorts pour déverrouiller et guider la chandelle. Une efficacité limitée, surtout lorsque les câbles ne sont pas parfaitement alignés.

En cabine, les bras inférieurs sont contrôlés par une palette située en bout d'accoudoir. Il lui manque une fonction stop ou neutre, même si une impulsion dans le sens contraire suffit pour arrêter le mouvement.

Contrairement aux 7 et 8R, le contrôle de la profondeur se fait toujours au moyen d'une molette graduée, ce qui est appréciable.

Hydraulique (note : 7/10)

Les quatre distributeurs hydrauliques sont identifés par un numéro. Ils sont pilotés par quatre palettes, dont trois sont placées en bout d'accoudoir. Leur verrouillage est mécanique, avec un capot en plastique qui vient les recouvrir.

Sur le terminal, le chauffeur peut régler le débit et la temporisation de chaque distributeur dans les deux sens. Il manque un levier en croix.

En revanche, on apprécie de déclencher les distributeurs d'une seule pression sur la palette.

Prise de force (note : 6/10)

Le 6R propose trois régimes : 540 (1.740 tr/min), 1000 (2.000 tr/min), et 1000 E (1.750 tr/min). La sélection du régime s'effectue uniquement sur le terminal.

Il n'y a pas de solution simple pour automatiser le débrayage de la prise de force en fonction du relevage. Il faudra se résoudre à programmer une séquence de bout de champ !

Ponts (note : 6/10)

Le pont avant est géré avec deux boutons sur la console de droite : manuel et automatique. Pour le différentiel, John Deere utilise le système de la pédale placée entre les freins et l'embrayage.

Sur la route (note : 8/10)

Avec 13,90 m, le diamètre de braquage est important. La combinaison des suspensions du pont avant et de la cabine contribue au confort sur route.

Cabine (note : 9/10)

Même s'il est fabriqué en Allemagne, le 6210R ne renie pas ses origines américaines. À bord, on se croirait dans un poids lourd yankee, avec un nombre invraisemblable de porte-canettes et autres vide-poches.

Un casier réfrigéré électriquement complète l'arsenal. La nuit, le tracteur ne passe pas inaperçu grâce à son système de phares de travail à 360° qui l'illuminent comme un sapin de Noël.

La cabine est spacieuse et le chauffeur se trouve tout de suite à son aise. La finition est de bonne facture et l'ensemble assez dépouillé contribue à diffuser une atmosphère sereine.

Toutes les commandes sont sur l'accoudoir ou la console. Le terminal est tactile et placé sur la console. Sa taille est réduite mais sa bonne définition compense en partie ce handicap.

Concernant la position de conduite, on regrette de ne pas pouvoir pivoter plus le siège car l'accoudoir vient buter dans le terminal. Les boutons de raccourcis sur la console de droite permettent d'accéder rapidement aux menus du terminal.

Points fortsPoints faibles

• Grande cabine ergonomique.

• Boîte confortable.

• Maintenance bien pensée.

• Pas de mémoire de régime ou de vitesse.

• Fonctions de prise de force.

• 4 distributeurs au maximum.

Henri Etignard et Corinne Le Gall, en collaboration avec Guido Hoener, Frank Berning, Jan-Martin Kueper (Top Agrar), Oliver Mark, James Andrews (Farmers Weekly), Martijn Knuivers (Boerderij) et Norbert Uppenkamp (conseiller en machinisme)