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Dossier « J’engraisse des veaux sur paille depuis quatorze ans »

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Julien Lacam (ici entouré de Delphine Lafage et Brice Lacaze) allote ses veaux par groupes de cinq. La conception des cases collectives offre 2,8 m² par veau, soit 1 m² de plus que la norme réglementaire. © Photos : L. Pouchard

Julien Lacam, installé dans le Lot, a investi dans un atelier de veaux de boucherie sur paille. Cette pratique, gage de bien-être pour ses animaux, lui permet de les valoriser dans un créneau haut de gamme.

Lorsque Julien Lacam rejoint en 2006 son père sur l’exploitation familiale, le Gaec Le Val du Mazet, les possibilités d’agrandissement sont minces. À côté d’un cheptel de quatre-vingts vaches montbéliardes et d’un troupeau annexe d’une vingtaine de limousines, l’exploitant se lance, à son installation, dans la construction d’un atelier de veaux de boucherie sur paille de 120 places. Déçu du mode de conduite « industriel » imposé par ses précédents intégrateurs, il se tourne vers Juviveau Productions au début de l’année 2020. « L’alimentation distribuée, à base de lactosérum, n’était pas cohérente avec ma vision de l’élevage sur paille. La plupart des veaux ne finissaient pas leur seau, explique Julien. De plus, les intégrations­, à deux ou trois semaines d’âge, me causaient davantage de problèmes sanitaires. »

Des animaux plus vigoureux

L’exploitant a démarré sa première bande avec Juviveau Productions en avril. L’activité est entièrement intégrée. Les veaux sont sélectionnés par le négociant en bestiaux Bidegain, au Pays basque. L’alimentation de fabrication française, composée à 50 % de poudre de lait écrémée, est fournie par l’intégrateur.

Les veaux, qui entrent à cinq semaines (75 kg), sont aux soins de l’éleveur durant dix-neuf semaines, pour atteindre 140 à 150 kg de carcasse. La rémunération est de l’ordre de 100 € par animal.

La technicienne, Delphine Lafage, passe chaque semaine ajuster le plan d’alimentation et les apports en fer. Depuis 2003, elle accompagne des éleveurs dans la création d’ateliers sur paille. « Si ce type d’élevage est un engagement en termes de bien-être animal, on constate également moins de problèmes d’aplombs », relève-t-elle. Sur leur durée de vie, de 200 à 300 kg de paille sont nécessaires par veau. « C’est une charge de travail et un coût supplémentaire (de 20 à 25 €/veau), mais mes animaux savent me le rendre. Ils sont plus vigoureux au démarrage », appuie Julien.

Lucie Pouchard

Les veaux sont le plus souvent issus d’un croisement viande charolais-montbéliard ou blanc bleu-prim’holstein.
Savoir se différencier

Juviveau Productions, société de la coopérative Vivadour basée dans le Gers, dispose à ce jour de 4 500 places chez vingt-cinq producteurs (1). La viande, commercialisée par Maison Jucla sous la marque Louchébem, est majoritairement destinée aux boucheries traditionnelles. « Nous cherchons à promouvoir une filière de qualité, dont les veaux sont engraissés et abattus localement, rapporte Brice Lacaze, directeur de Juviveau. L’élevage sur paille au sein d’ateliers à taille humaine (de 120 à 200 places) amène une garantie supplémentaire aux consommateurs. »

(1) Lire aussi La France agricole n° 3636, p. 26.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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