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Dossier « Je vise une productivité maximale »

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« Je m’accorde des groupages de chaleurs sur les femelles vêlées à deux ans qui n’ont pas été vues en chaleurs au premier cycle », note Didier Touillon, accompagné de son salarié, Thibaut Boussand (à g.). © L.Pouchard/GFA

Les vaches charolaises de Didier Touillon sont conduites avec précision. Pour aller plus loin dans la sélection génétique de son cheptel, l’éleveur utilise un outil lui permettant de repérer les lignées les plus rentables.

Chez Didier Touillon, éleveur de cent soixante mères charolaises à Palinges en Saône-et-Loire, rien n’est laissé au hasard. Sur les deux dernières campagnes, la productivité de son système naisseur engraisseur atteint 475 kg de viande vive par unité de gros bétail (UGB). « Je suis toujours à l’affût des conseils et outils qui concourent à améliorer mes résultats techniques », explique Didier, lauréat des Sabots d’Or 2020. Dans cette logique, l’éleveur s’est tourné vers l’outil éCow, créé par le herd-book charolais (HBC). « Ce service, qui retrace l’historique complet de mon élevage, vient en complémentarité des données Bovins Croissance collectées par campagne. »

Une analyse par famille

« Les femelles présentes sont notées en fonction de leurs performances à travers quinze critères pondérés », informe Lauréna Jeannot, ingénieure technique au HBC. Aussi, les synthèses « Taureaux » et « Lignées femelles » détaillent les performances de tous les taureaux ayant marqué le cheptel et de tous les produits issus des femelles fondatrices jusqu’à dix générations. En les croisant avec le classement des vaches et génisses actives, l’éleveur peut raisonner ses plans d’accouplement de façon plus poussée.

Aide à la décision

« Au-delà d’une moyenne d’élevage, l’outil a fait ressortir des écarts importants en termes de prolificité et de mortalité, relève Didier. Par exemple, entre les deux lignées les plus extrêmes, la première sèvre 91,6 veaux pour 100 vaches alors que la deuxième en sèvre 103,1. La différence de rentabilité est énorme. » « Cette analyse par famille s’avère utile pour orienter ses choix de réforme et sa sélection de femelles de renouvellement au moment de la mise à la reproduction », complète François Robergeot, expert racial au HBC.

Lors de la dernière campagne, 165 vêlages ont été dénombrés, avec un taux de naissances gémellaires de 7,9 %. Pour autant, la mortalité avant sevrage ne dépasse pas 3,9 %, contre 7,2 % pour la race. « Plans d’alimentation, gestion sanitaire et reproduction sont maîtrisés, permettant aux animaux d’exprimer pleinement leur potentiel génétique », appuie François Robergeot. Fin septembre, les femelles rentrent en bâtiment par lots de dix à vingt têtes suivant leur stade physiologique. Transition alimentaire, cure d’oligoéléments, déparasitage… Didier veille soigneusement à la reprise d’état de ses vaches après les vêlages, groupés à l’automne. Début janvier, il réalise lui-même 100 % des IA du troupeau. Cette année, la période de reproduction n’a pas dépassé 90 jours. L’IVV moyen du troupeau était de 368 jours, contre 386 pour la moyenne raciale. Cinq mois plus tard, Didier pratique une fouille de toutes ses vaches et génisses, ce qui lui permet d’accélérer la mise à la réforme des non gestantes.

Des vêlages précoces

Pour gagner en productivité, Didier Touillon pratique le vêlage à deux ans depuis 2004. « Les deux tiers des femelles sont concernées, mon objectif à terme étant d’atteindre une proportion de 80 %, rapporte l’éleveur. La phase productive d’une vache au cours de sa carrière est un critère qui me semble intéressant et que je peux désormais travailler dans l’analyse économique des lignées. Au moment du tri des génisses à mettre à la reproduction, je prête bien sûr attention à leur poids (450 kg vifs minimum) et à leur morphologie. Mais avec l’outil éCow, j’écarte aussi les descendantes des lignées à supprimer ou les filles issues de vaches à problèmes. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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