Simplifier et alléger le travail malgré un troupeau qui s’agrandit, c’est le défi relevé par Frédéric Barbier et sa conjointe, installés en Gaec à Heuchin (Pas-de-Calais). Il y a trois ans, leur exploitation a atteint 160 ha de SAU pour une référence laitière de 1 million de litres. « Nos capacités de stockage de fourrage en silo étaient devenues limitées », retrace l’éleveur.

Pour Frédéric, qui est aussi planteur, la solution est venue de sa coopérative betteravière. En 2019, Tereos lui a proposé sa prestation « Pulp’mix ». Le principe : réaliser chaque année un mélange de matières premières et le stocker­ dans un silo (lire l’encadré ci-dessous). « Auparavant, je ne pouvais pas recourir à plusieurs coproduits simultanément dans la ration, par manque de place pour le stockage. Chaque changement causait des variations de production laitière, en quantité et en qualité. »

Désormais, les 100 prim’holsteins disposent d’une ration complète régulière toute l’année. En plus des 35 kg bruts quotidiens d’ensilage de maïs et des 5 kg d’ensilage d’herbe, chacune reçoit environ 20 kg d’un mélange de matières premières à 40 % de matière sèche. Il est composé de 8 kg bruts de pulpes surpressées, 7 kg de drêches de brasserie, 2,8 kg de tourteau de colza-soja, 0,9 kg de drêches de blé, 0,9 kg d’amidon, 0,8 kg de soluble de blé et 50 g de sel.

« Plus de pertes de temps »

La veille de la distribution de la ration, Frédéric charge dans sa mélangeuse 0,5 kg de paille broyée par vache, ainsi que les minéraux. Le jour J, il lui reste à se servir dans ses silos. « Je n’ai plus de pertes de temps pour le débâchage du tas de pulpes ou pour le chargement des concentrés à la main. J’ai gagné plus d’un quart d’heure par jour. »

L’éleveur stocke chaque année près de 700 tonnes de mélange. « C’est une autre gestion de la trésorerie pour l’alimentation des vaches. La première année, cela représente une avance importante à assumer, puis le roulement se fait. »

Frédéric ne reviendrait pas en arrière. « Au-delà du temps gagné au quotidien, distribuer une alimentation stable permet d’avoir des animaux productifs et en bonne santé. »

L’expert
« Une organisation rigoureuse est indispensable » Julien Duponchel, responsable de secteur pour la nutrition animale chez Tereos

« La réalisation d’un mélange de matières premières pour l’alimentation des vaches laitières nécessite plusieurs étapes. Il s’agit d’abord de déterminer avec l’éleveur les objectifs techniques et économiques qu’il souhaite atteindre. La formulation est réalisée en conséquence avec l’accompagnement d’un nutritionniste. Dans un second temps, il est nécessaire d’organiser rigoureusement la logistique en vue de la préparation du mélange, afin que l’ensemble des matières premières et, le cas échéant, des fourrages, soit bien acheminé le jour du chantier. Ce dernier peut être réalisé sur une plateforme ou directement sur l’exploitation. Il est assuré grâce à une mélangeuse de 43 m3. La mise en silo doit être faite dans la foulée. S’ensuit une fermentation naturelle, qui permet d’obtenir une bonne conservation du mélange dans le temps. »